Transdev prêt à lancer une quarantaine de lignes d’autocar

Les Echos Les Echos - il y a 37 mois

La filiale de Veolia et de la Caisse des dépôts va lancer dès que la loi le permettra et «de façon massive » des lignes d’autocar longue distance en France.

Transdev, qui rongeait son frein depuis longtemps, va pouvoir appuyer sur l’accélérateur. La filiale de Veolia et de la Caisse des dépôts) va en effet, via sa filiale Eurolines, pouvoir lancer « de façon massive » des lignes d’autocar en France. Quand  ? « Dès que la loi nous y autorise », a annoncé jeudi sur BFM Business la directrice générale du groupe Laurence Broseta. 

Le projet de loi Macron prévoit en effet de libéraliser le secteur, ce qui aura pour conséquence de multiplier les lignes nationales de transport longue distance par autocar. Laurence Broseta confirme. Elle a promis« tout un réseau de transport entre les villes françaises » vers une quarantaine de destinations, notamment « les lignes mal desservies par la SNCF » comme Bordeaux-Lyon ou Rennes-Strasbourg. Mais aussi sur des lignes très rentables comme Paris-Lyon.

Clientèle plus jeune

De quoi séduire une clientèle plus jeune, mais aussi moins argentée, que celle qui voyage en train. Il y a « une vraie demande des Français pour des transports à plus bas prix », a souligné Laurence Broseta (voir la vidéo ci-dessous). Et sur ce plan, l’autocar a des atouts à faire valoir.

Dans un rapport publié en décembre 2012, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) indique en effet que le transport en autocar coûte moins cher que les trains TGV ou Intercités. Sur un trajet longue distance (supérieur à 80 kilomètres), le voyageur dépense 9,11 centimes d’euros par kilomètre pour un train Intercités, 10,98 centimes avec le TGV, mais 6,90 centimes par kilomètre dans le cas d’un trajet en autocar.

Réforme ambitieuse

Restait à faire sauter les verrous réglementaires. Jusqu’à l’ouverture au cabotage en 2011, le transport intérieur par autocars sur des liaisons régulières de longue distance était interdit dans l’Hexagone, cantonnant des transporteurs comme Transdev au transport de « scolaires », de salariés, de touristes, ou encore aux lignes internationales, comme avec Eurolines. Mais un voyageur ne pouvait pas prendre un car à Rennes pour se rendre à Paris (voir encadré).

Résultat : quand le transport longue distance par autocar représente 4 de l’ensemble des modes de transport longue distance (voiture, train, avion, etc.) au Royaume-Uni et  % en Suède, il n’est que de 0,0005 % en France, a relevé Sia Partners dans une récente étude. 

Encadré


Une première avancée en 2011 avec le cabotage

Avant 2011, date de l’ouverture au « cabotage » (la possibilité de réaliser un transport intérieur dans le cadre d’une liaison internationale régulière, Ndlr), les seules offres d’autocar longue distance en France étaient des lignes dites « d’intérêt national » (lignes interrégionales entre la Picardie et l’Ile-de- France, ou la liaison entre la Porte Maillot et l’aéroport de Beauvais). Pour le reste, l’exploitation de lignes interrégionales était soumise au « conventionnement », c’est-à-dire les services subventionnés par l’Etat (les Intercités, qui sont également appelés Trains d’équilibre du territoire, TET) ou par les collectivités locales. En 2013, on comptait 128 liaisons interrégionales conventionnées (hors liaisons TER et délégations de l’Etat), auxquelles il faut ajouter les services en substitution des trains TER desservant des régions limitrophes. Grâce au cabotage , Eurolines, qui développait uniquement des liaisons internationales, a pu ouvrir des points de desserte sur le territoire français et ainsi déposer et/ou embarquer des clients à Lyon tout en faisant un Paris-Rome.

En février 2014, l’Autorité de la concurrence recommandait au gouvernement d’engager une réforme ambitieuse pour ouvrir plus largement ce marché dominé par la SNCF. C’est chose faite. Selon le ministère de l’Economie, jusqu’à cinq millions de personnes pourraient choisir l’autocar d’ici à un an.

Jean-Michel Gradt

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0204008500505-transdev-pret-a-lancer-une-quarantaine-de-lignes-dautocar-1073940.php

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