L’Etat va mettre les sociétés d’autoroute...

Les Echos Les Echos - il y a 33 mois

L’Etat va mettre les sociétés d’autoroute sous surveillance. Emmanuel Macron a annoncé au Sénat que les compétences de l’Araf vont être étendues notamment pour veiller sur la gestion des autoroutes.

Nouveau rebondissement dans la polémique sur les profits jugés excessifs des concessionnaires autoroutiers. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a annoncé, ce jeudi au Sénat, son intention de mettre les sociétés d’autoroute sous surveillance. Pour ce faire, il propose d’« étendre les compétence de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) aux transports routiers », notamment pour veiller sur la gestion des sociétés concessionnaires. Cette perspective ne pose aucun problème aux concessionnaires, assure Pierre Coppey, président à la fois de l’association des sociétés françaises d’autoroutes et de Vinci concessions.

Car les concessionnaires autoroutiers sortent de leur silence. Attaqués depuis des mois sur le niveau de leurs profits, ils avaient refusé de répliquer publiquement tant que les attaques émanaient de la puissance publique, qu’il s’agisse de l’Autorité de la concurrence ou de membres du gouvernement, notamment de Ségolène Royal. Mais le rapport du « think tank » socialiste Terra Nova, bien qu’il ne fasse guère que reprendre des arguments déjà entendus, leur fournit aujourd’hui l’occasion d’une mise au point sans paraître mettre en cause leur client, l’Etat…

Les majors rattrapées par la crise

A cet égard, Pierre Coppey se veut apaisant. Il assure que dans les échanges avec Matignon (le dernier datant d'il y a trois semaines), jamais la résiliation des contrats de concessions n’a été évoquée. Les concessionnaires (Vinci, Eiffage et Abertis) sont aussi des groupes de BTP et l’Etat n’a peut-être pas intérêt à pénaliser leurs profits au moment où la crise se durcit.

Car si les majors du secteur avaient longtemps été relativement épargnées par la crise, c’est fini. Au troisième trimestre, leur chiffre d’affaires réalisé dans le BTP a accusé un fort recul. Un recul tel que désormais, les profits des concessions ne parviennent plus à le compenser. Les marchés financiers en prennent conscience. Eiffage a subi ce jeudi la plus forte baisse boursière du SBF 120 après avoir dévoilé mercredi un chiffre d’affaires trimestriel total en recul de 4 % (–11 % en travaux publics) et lancé un avertissement sur son niveau d’activité.

Débat hors de nos frontières

Dans le même temps, hors de France, la polémique sur les profits des concessions autoroutières fait aussi des vagues. Les PME allemandes, notamment, enragent. « Sur cinq appel d’offres allemands pour des partenariats public-privé, quatre ont été remportés par les Français, explique un lobbyiste basé à Bruxelles. Outre-Rhin, le sentiment est que les profits issus des concessions dégagés en France permettent aux Français de lever des financements moins chers, donc d’être moins-disant à l’international. » Pour l’heure cependant, tout va bien sur le front bruxellois. La Commission européenne a donné son feu vert au plan de relance conclu entre l’Etat et les concessionnaires. 

Myriam Chauvot

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0203934975841-letat-va-mettre-les-societes-dautoroute-sous-surveillance-1064033.php

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