Réunir se met en ordre de marche pour ouvrir des lignes d’autocar

Mobilicités Mobilicités - il y a 28 mois

"L’idée est de créer des lignes là où les liaisons ferroviaires sont inexistantes et les liaisons routières bonnes", a éludé Eric Ritter, directeur général de Réunir. © DR Réunir va s’appuyer sur sa marque Starshipper et son tout nouveau directeur général, Eric Ritter, pour préparer l’ouverture à la concurrence du marché de l’autocar longue distance

"L’idée est de créer des lignes là où les liaisons ferroviaires sont inexistantes et les liaisons routières bonnes", a éludé Eric Ritter, directeur général de Réunir. © DR

Réunir va s’appuyer sur sa marque Starshipper et son tout nouveau directeur général, Eric Ritter, pour préparer l’ouverture à la concurrence du marché de l’autocar longue distance. Le réseau de PME indépendantes compte, notamment, sur son implantation territoriale pour s'imposer.

La loi Macron a été présentée hier en conseil des ministres ; aujourd’hui, Réunir affichait ses ambitions sur la libéralisation du marché de l’autocar longue distance lors d’une conférence de presse le 12 décembre 2014. Pour préparer l’ouverture de ce nouveau marché, le réseau de PME indépendantes du transport de voyageurs a recruté Eric Ritter, qui prendra officiellement ses fonctions de directeur général le 5 janvier 2015 en remplacement du délégué général, Stéphane Duprey. L’ex-secrétaire général de la Fédération nationale du transport de voyageurs (FNTV) sera, notamment, chargé de préparer cette ouverture à la concurrence autour de Starshipper, la marque de lignes régulières internationales de Réunir lancée en 2012[1], et qui dispose d’une centrale de réservation en ligne.

Une marque en marche

Limitée pour l’instant à quelques destinations en région Rhône-Alpes, Starshipper a vocation à devenir le fer de lance du déploiement de nouvelles lignes d’autocar longue distance. Réunir rassemble 90 adhérents et 6400 autocars qui représentent 510 millions d’euros de chiffre d’affaires sur un an. "Nous avons un avantage : nous sommes présents dans 64 départements répartis sur 200 implantations. Nous sommes capables de drainer le territoire. Nous avons le personnel, le matériel et le savoir-faire, a expliqué Alain-Jean Berthelet, président de Réunir. Jusqu’ici, il nous a manqué que le faire-savoir. Je suis convaincu qu’Eric Ritter est l’homme de la situation…". Il est trop tôt pour connaître précisément les projets de Réunir. "L’idée est de créer des lignes là où les liaisons ferroviaires sont inexistantes et les liaisons routières bonnes", a éludé Eric Ritter.

Une certification Afnor en étendard

Outre son implantation géographique, le réseau de PME indépendantes mise sur la qualité de ses prestations. Tous les adhérents ont la certification Afnor – Réunir LeRéso, et s’engagent, ainsi, à respecter les 17 "engagements de service" du référentiel. En outre, Réunir travaille sur la prévention et a mis au point un car-simulateur de conduite[2] qui a permis de former jusqu’à présent 1000 conducteurs d’autocars à des situations à risque. "A nous d’expliquer que nous sommes un mode de transport sûr et exercé par des professionnels de qualité. Lorsque que vous faites du covoiturage, vous pouvez tomber sur n’importe quel conducteur…", a ajouté Alain-Jean Berthelet.

Pour autant, les Français sont-ils prêts comme en Grande-Bretagne qui transporte 30 millions de passager par an, à préférer le car à la voiture ou au train ? "Ce n’est pas une activité qui va trouver son seuil de rentabilité demain matin. On a tellement dégradé l’image de ce mode transport en France qu’il faudra redonner envie à toute une population qui conserve une image ringarde du car", admet Alain-Jean Berthelet. L’autre frein au développement à l’ouverture de lignes, ce sont les gares routières laissées à l’abandon.

Fédérer les adhérents

Pour s’imposer face à la concurrence d’iDBUS (SNCF) ou d’Eurolines (Transdev) par exemple, Réunir compte sur la dynamique de ses adhérents. "Il n’y aura pas de places pour tout le monde, admet Alain-Jean Berthelet. Mais, chez Réunir, on sait partager les profits, on saura aussi partager les investissements." Eric Ritter sera, ainsi, chargé de piloter Réunir Avenir. Un lieu d’échanges lancé voici un an pour fédérer le plus en amont possible les dirigeants des entreprises d’autocar. "L’indépendance est une qualité et un défaut, car elle peut devenir un frein au développement. Il va falloir faire évoluer les mentalités", a ajouté le président de Réunir.

Est venu le temps politique

Reste qu’à cette heure, il demeure beaucoup d’incertitudes sur les conditions et la date d’ouverture à la concurrence même s’il y a un consensus politique. "Aujourd’hui le sujet est arrivé à maturité. C’est un texte trans-partisan, note Eric Ritter, Tout le monde reconnaît que ce mode de transport a un avenir". Cependant, le projet de loi Macron n’a pas encore été examiné au Parlement. "Espérons que le texte ressortira des discussions, avec le moins de coups de rabot possible", souhaite Alain-Jean Berthelet. Autre sujets d’inquiétude, le fonctionnement entre les autorités organisatrices et le futur régulateur, l’Arafer[3], mais aussi les élections régionales programmées dans un an, qui risquent de retarder les autorisations de lancer de nouvelles lignes.

References

  1. ^ lancée en 2012 (www.mobilicites.com)
  2. ^ car-simulateur de conduite (www.mobilicites.com)
  3. ^ l’Arafer (www.mobilicites.com)

Source : http://www.mobilicites.com/011-3316-Reunir-se-met-en-ordre-de-marche-pour-ouvrir-des-lignes-d-autocar.html

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