Transports : comment Macron veut vous faire préférer...

Metronews Metronews - il y a 27 mois

Transports : comment Macron veut vous faire préférer le car. ROUTES – Alors que le projet de loi pour libéraliser le transport interrégional en autocar a été présenté mercredi en conseil des ministres, Eurolines a réagi ce jeudi et a annoncé la prochaine création d'un réseau desservant une quarantaine de destinations. Retour sur un projet qui pourrait révolutionner le transport en France

Quelque 110.000 personnes ont voyagé en France en autocar l'année dernière. Une goutte d'eau par rapport aux 30 millions au Royaume-Uni. Mais cela pourrait bientôt changer. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a présenté mercredi en conseil des ministres son projet de loi sur la croissance et l'activité, qui prévoit la libéralisation du transport par autocar.

0,0005 % des voyages effectués en autocar

Ce projet, annoncé mi-octobre et qui sera débattu au Parlement début 2015, suit les recommandations de l'Autorité de la concurrence. A l'heure actuelle, seuls 0,0005 % des voyages longue distance en France sont effectués en autocar, contre 4 % en Grande-Bretagne ou 5 % en Suède. Selon Bercy, jusqu'à 5 millions de personnes pourraient opter pour cette solution de transport d'ici à un an. "La France est en retard par rapport à ses voisins européens. Nous sommes un des derniers pays où la réglementation encadre encore trop strictement ce marché, freinant un développement nécessaire des transports", explique pour metronews Ingrid Mareschal, secrétaire générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV).

Aujourd'hui, Eurolines avec sa filiale Transdev ainsi que la SNCF avec iDBUS se partagent le marché. Quelque 61 villes françaises sont desservies. Mais sous conditions. Depuis 2011, les opérateurs longue distance ont le droit de desservir des villes françaises uniquement dans le cadre du "cabotage", c'est-à-dire la possibilité de prendre à bord des passagers voulant rallier une ville française à une autre, à condition que cela se situe sur un trajet international et sans dépasser la moitié des personnes à bord. En outre, ces trajets doivent être soumis à l'accord des autorités locales.

Des transports à bas coûts

Transdev a réagi et promis jeudi sur BFM Business "tout un réseau de transport entre les villes françaises" vers une quarantaine de destinations "dès que la loi nous y autorisera", selon Laurence Broseta, sa directrice générale France. Car il y a "une vraie demande des Français pour des transports à plus bas prix", a-t-elle souligné. Et c'est bien là que tout se joue. Dans un rapport, la FNTV indique que le transport en autocar coûte sensiblement moins cher. Sur un trajet longue distance, le kilomètre revient à 9,11 centimes d'euro pour un train Intercités et 10,98 avec le TGV, contre 6,90 seulement en autocar.

Pourtant, pas question de faire concurrence à la SNCF, qui domine encore largement le marché. "Il s'agit d'améliorer le maillage du territoire, analyse Ingrid Mareschal. C'est une offre supplémentaire qui apporte quelque chose qui n'existait pas, à l'exemple de la liaison Bordeaux-Lyon, qui oblige en train à repasser par Paris." Et selon elle, l'autocar ne vise pas le même public. Car si cette offre ne présente pas les mêmes possibilités en termes de rapidité ou de ponctualité, elle vise avant tout les petites bourses qui ne pouvaient s'offrir le rail.

Céline Hussonnois Alaya

Source : http://www.metronews.fr/info/transports-comment-macron-veut-vous-faire-preferer-le-car/mnlk!a8g1X4Aotqmtc/

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