La grève des taxis contre Uber fait un flop

Le Figaro Le Figaro - il y a 30 mois

VIDEOS et INFOGRAPHIE - Après le refus vendredi du tribunal de commerce de Paris d'interdire le populaire mais controversé UberPop, des chauffeurs de taxis se sont mobilisés. Mais les principaux syndicats n'ont pas rallié le mouvement. Des dizaines de taxis se sont rassemblés ce lundi devant les aéroports d'Orly et de Roissy pour une opération escargot en direction de Paris destinée à dénoncer l'autorisation d'UberPop, un service du géant américain du véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a pourtant expliqué ce lundi matin que ce service controversé sera interdit en France dès le 1er janvier avec l'entrée en vigueur de la loi Thévenoud sur la régulation de la concurrence avec les taxis. Des déclarations qui n'ont pas apaisé certains taxis.

VIDEOS et INFOGRAPHIE - Après le refus vendredi du tribunal de commerce de Paris d'interdire le populaire mais controversé UberPop, des chauffeurs de taxis se sont mobilisés. Mais les principaux syndicats n'ont pas rallié le mouvement.

Des dizaines de taxis se sont rassemblés ce lundi devant les aéroports d'Orly et de Roissy pour une opération escargot en direction de Paris destinée à dénoncer l'autorisation d'UberPop, un service du géant américain du véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) Uber. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a pourtant expliqué ce lundi matin que ce service controversé sera interdit en France dès le 1er janvier avec l'entrée en vigueur de la loi Thévenoud sur la régulation de la concurrence avec les taxis. Des déclarations qui n'ont pas apaisé certains taxis.

• Blocage des aéroports

À Roissy Charles-de-Gaulle, les grévistes se sont donné rendez-vous sur la base arrière des taxis, près du terminal 3. Une centaine de taxis ont quitté l'aéroport à huit heures en direction du périphérique parisien, constate France info.

À Orly, quelques véhicules stationnés en tête des stations taxis bloquaient les clients. Peu sont pris en charge, précise France info.

• Blocage autour de la Porte d'Auteuil

Les taxis se sont également regroupés au niveau de la porte d'Auteuil. Les trois voies de droite sont neutralisés, annonce le site de trafic en temps réel Sytadin.

Opération escargot à Paris

Les cortèges, rassemblés à l'appel de Taxis de France, du Collectif des taxis parisiens et de l'Association française des taxis, devaient quitter les aéroports parisiens vers sept heures pour converger jusqu'aux abords de la place Vauban, dans le VIIe arrondissement de Paris. Ils ont toutefois renoncé à rejoindre la capitale par l'ouest via la porte de Saint-Cloud. La dispersion est prévue à dix-sept heures, a indiqué la préfecture de police dans un communiqué dimanche.

«On sait que ça va créer le bazar, mais on n'a pas le choix, on n'est pas entendu», a assuré Michaël Mouly, taxi «depuis cinq ans», venu «défendre son steak» avec les grévistes de Roissy. «La concurrence des VTC est injuste, on ne se bat pas à armes égales», ajoute-t-il. «Officiellement, les VTC n'ont pas le droit de faire de la maraude publique. Mais ils le font en permanence», s'agace Salahdin Dahaoui, président du Collectif des taxi parisiens. «Uber fait de l'activité illégale de taxi. C'est de la piraterie!», estime-t-il. 

• Pas de réservation possible chez Taxis bleus

La centrale de réservations Les Taxis bleus ne prend pas de réservation ce matin, «même pour les abonnés». «On ne travaille qu'en direct. Si vous appelez et qu'un taxi est à moins d'un quart d'heure de chez vous, on vous l'envoie. Sinon cela n'est pas possible, explique la plateforme d'appels. Le service est aléatoire aujourd'hui».

• Une mobilisation contre l'américain Uber

Ce nouvel épisode dans la guerre des taxis fait suite au refus vendredi du tribunal de commerce de Paris d'interdire le populaire mais controversé service UberPOP. Le tribunal a estimé ne pas pouvoir se prononcer car des décrets d'application de la loi Thévenoud encadrant l'activité des VTC et taxis n'avaient pas été publiés. UberPOP, qui met en relation des passagers et des automobilistes qui ne sont pas chauffeurs professionnels, a été ajouté en février à l'offre commerciale parisienne d'Uber, plateforme électronique disponible sur smartphone qui sert d'intermédiaire entre clients et chauffeurs de VTC.

«C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase», s'est insurgé le président de Taxis de France, Ibrahima Sylla. Son association, comme le Collectif des taxis parisiens (CTP) et l'Association française des taxis (AFT) notamment, a appelé à «réagir avec ferveur et fermeté à cette injustice». «C'est un combat contre tout Uber. C'est un ras-le-bol, on n'en peut plus. Autoriser UberPOP, c'est mettre 57.000 taxis français sur le carreau, et donc 57.000 familles. Et ça, c'est hors de question, on ne se laissera pas faire», a dénoncé Ibrahima Sylla. «Il s'agit de dire non à l'injustice, non au travail illégal», annonce la Fédération des taxis indépendants parisiens (FTI75) sur sa page Facebook. «On ne s'attendait pas à cette décision de justice», a renchéri Ahmed Senbel, le président de la Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI).

• L'intersyndicale absente

Cette fois, l'intersyndicale n'a pas rallié le mouvement, même si elle est favorable aussi à l'interdiction d'Uber. «Nous ne voulons pas déranger les gens à l'approche de Noël», a expliqué Nordine Dahmane, représentant FO et membre de l'intersyndicale CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST. Celle-ci se réunira lundi à seize heures pour décider d'un éventuel mouvement en janvier, qu'elle espère d'ampleur nationale. «C'est au gouvernement d'interdire ce travail au noir», a estimé Nordine Dahmane. La Fédération nationale du taxi (FNDT) étudiera elle mercredi l'opportunité de mener une opération. Au cabinet du premier ministre Manuel Valls, on indique que «la plupart des dispositions de la loi Thévenoud entreront en vigueur au 1er janvier», avec une présentation du décret principal cette semaine au Conseil d'Etat. Quant à la décision du tribunal se déclarant partiellement incompétent, «cela n'empêche pas une action en justice côté pénal», précise-t-on.

Source : http://www.lefigaro.fr/social/2014/12/15/09010-20141215ARTFIG00030-en-colere-contre-uber-les-taxis-en-greve-bloquent-paris.php#auteur

Partager

Laisser un commentaire :