Transdev voit le bout du tunnel

Bertrand Guay/AFP

Les Echos Les Echos - il y a 26 mois

Le groupe de transport affiche enfin un bénéfice en 2014. La dette a été divisée par deux en deux ans.

Transdev va mieux. Le groupe de transport, détenu à parité par Veolia Environnement et la Caisse des dépôts et Consignations (CDC), est sorti du rouge en 2014, consacrant les efforts de redressement menés par le PDG[1], Jean-Marc Janaillac.

Ce dernier, venu du groupe RATP, a pris les commandes fin 2012 d’un groupe en déshérence, issu d’une fusion « entre égaux » des activités de transport public de ses deux actionnaires. L’opération, initiée en 2009, a rapidement viré à la catastrophe, laissant le groupe perclus de contrats déficitaires et asphyxié par un endettement de 1,9 milliard d’euros en 2012. Cette année-là, les pertes ont atteint 380 millions (dont 320 millions de dépréciations d’actifs).

La dette ramenée à 900 millions

Deux ans plus tard, l’embellie est nette. Ramenée à 900 millions fin 2014, grâce notamment à des cessions d’actifs et une augmentation de capital[2] de 560 millions souscrite par les actionnaires, la dette est redevenue raisonnable.

A périmètre et normes constants, le chiffre d’affaires a certes accusé une baisse sensible (– 4,2 %, à 6,6 milliards d’euros), sous le coup de contrats perdus aux Pays-Bas et à Boston (Etats-Unis).

Mais le groupe a malgré tout affiché «  un taux de renouvellement des contrats particulièrement élevé, et quelques beaux gains offensifs », avançait ce mercredi Jean-Marc Janaillac lors d’une conférence de presse. Et le dirigeant de citer entre autres les nouveaux marchés décrochés à Las Vegas (pour le transport adapté) ou à Sidney (pour l’exploitation du tramway).

Nouveaux contrats, activités nouvelles

Surtout, les mesures de gestion plus rigoureuses ont payé. Le taux de marge[3] a été porté de 5,2 % en 2013 à 5,9 % l’an dernier, ce qui a permis de multiplier par deux la marge opérationnelle[4], à 107 millions d’euros. Au final, le groupe dégage un bénéfice net de 24 millions, malgré l’impact négatif de la SNCM[5] , dont le groupe est actuellement en train de se désengager. La compagnie maritime a à nouveau pesé sur les comptes l’an dernier, mais le PDG s’est refusé à dire dans quelles proportions.

Sorti de l’urgence, Transdev peut désormais penser à l’avenir. Jean-Marc Janaillac a fixé un objectif de chiffre d’affaires dépassant les 8 milliards d’euros à l’horizon 2020, grâce aux gains de nouveaux contrats, mais aussi au développement d’activités nouvelles, comme le transport longue distance par autocar en France.

Faibles marges dans le transport public

Le groupe prévoit de desservir une quarantaine de villes en France à partir du 1er juillet, une fois adoptée la loi Macron, qui prévoit la libéralisation de cette activité[6] . Il continue également son lobbying pour l’ouverture à la concurrence des trains régionaux.

Dans le même temps, Transdev ne devra pas relâcher les efforts pour améliorer la rentabilité de son cœur de métier, le transport public. L’an dernier, l’entreprise a perçu 45 millions d’euros de l’Etat au titre du crédit impôt compétitivité emploi.

Sans cette aide, elle aurait été dans le rouge, ou bien dans l’obligation de tailler dans ses investissements. Une situation que l’on retrouve chez son rival français, Keolis, et qui témoigne de très faibles marges dans le secteur du transport public, en particulier sur le marché français.

Lionel Steinmann

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0204272361550-transdev-voit-le-bout-du-tunnel-1107540.php

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