La loi Macron devrait engendrer une concurrence féroce

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Mobilicités Mobilicités - il y a 24 mois

La multiplication des acteurs sur le marché de l’autocar longue distance devrait entraîner, dans un premier temps, une chute des prix des billets et une forte croissance du nombre de voyageurs, selon l’étude du comparateur de voyages, GoEuro publiée le 21 mai 2015. Au bout de deux ans, le marché devrait ne compter qu’une poignée d’opérateurs. Les prix repartiraient alors à la hausse.

Quels seront les effets de l’entrée en vigueur de la loi Macron ? La plateforme de voyages, GoEuro, s’est livrée un exercice de prospective largement fondé sur l’expérience récente de la libéralisation du marché de l’autocar en Allemagne, et plus ancienne au Royaume-Uni et en Espagne.

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Ainsi, la France devrait logiquement connaître une forte croissance du nombre de voyageurs par autocar : 5 millions d’ici un an contre 110 000 actuellement, selon le chiffre avancé par le ministre de l’Économie. Les voyages en autocar représentent 4% des trajets longue distance en Allemagne, 5% au Royaume-Uni et 14% en, Espagne. "En se basant sur l’exemple allemand, on estime que 10% des clients qui voyageront par autocar seront des personnes qui n’auraient pas voyagé du tout auparavant", souligne l’étude de GoEuro[3].

Un succès dû largement à la chute des prix des billets… surtout au début de la libéralisation. Là encore, l’exemple allemand montre que l’arrivée de dizaines de nouveaux opérateurs va exacerber la concurrence et devrait faire baisser les tarifs de 65% sur les trajets non desservis par le train, et de 55% pour les autres dans les 24 prochains mois. Des prix qui devraient attirer en priorité les jeunes et les retraités au pouvoir d’achat limité. "Mais après un an, seule une poignée de prestataires resteront en course. En conséquence de cette consolidation du marché, les prix des billets devraient repartir à la hausse, pour finalement se stabiliser après deux ans", explique l’étude.

GoEuro prévoit que la France pourrait compter jusqu’à 50 opérateurs opérationnels au bout de 12 mois et plus que la moitié au bout d’un an et demi pour finir avec 5 autocaristes longue distance deux ans après la libéralisation du marché. Le réseau ne serait plus centré sur Paris, et devrait relier des villes importantes comme Nantes, Nice, Strasbourg, Toulouse sans passer par la capitale. Au total, GoEuro estime qu’entre 100 et 150 nouvelles liaisons devraient être créés.

Cette nouvelle activité devraient engendrer la création de 22 000 emplois la première année, et au total, 26 000 au bout de deux ans dont 10 000 directement liés au secteur des autocars (constructeurs, conducteurs, personnel en gare…). Le reste devrait profiter à plusieurs secteurs comme le BTP (maintenance des routes), le tourisme (hôtellerie) et l’industrie.

Enfin, la loi Macron devrait avoir un impact positif sur l’environnement. En Allemagne, 40% des voyageurs par autocars disent qu’ils auraient pris leur voiture s’il n’y avait pas eu d’offre en car.

Florence Guernalec

Références

  1. ^ la loi Macron (www.mobilicites.com)
  2. ^ en Allemagne (www.mobilicites.com)
  3. ^ l’étude de GoEuro (www.goeuro.fr)

Source : http://www.mobilicites.com/011-3785-La-loi-Macron-devrait-engendrer-une-concurrence-feroce.html

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