La bataille des autocars a commencé

THOMAS SAMSON/AFP

La-Croix.com La-Croix.com - il y a 26 mois

Un nouvel acteur entre sur le marché français du transport longue distance en autocar : l’Allemand Flixbus, numéro un outre-Rhin.

De nombreuses entreprises attendent l’entrée en vigueur de la loi Macron pour lancer les dessertes de villes françaises.

Va-t-on assister à des embouteillages d’autocars sur les routes françaises ? Après IDBus, la filiale de la SNCF, Eurolines (du groupe français Transdev), le Britannique Megabus ou encore Starshipper, la marque commerciale du groupement d’entreprises régionales Réunir, c’est un acteur allemand qui arrive sur ce créneau du transport longue distance en autocar.

Flixbus, qui revendique 70 % de parts de marché Outre-Rhin, ouvre dès demain des lignes entre Paris, Bruxelles, Lièges, Anvers, Maastricht, Amsterdam ou encore La Haye. Et en juin vers une petite dizaine de villes allemandes.

Cette entreprise, née en 2011, et qui a fusionné en 2015 avec le numéro un allemand Meinfernbus, a connu un succès fulgurant en trois ans. Alors qu’elle transportait 200 000 passagers en 2012, elle en a accueilli plus de 10 millions en 2014.

« Nous en sommes aujourd’hui à 20 millions de passagers dont la grande majorité en Allemagne », dit Pierre Gourdain, directeur général de la nouvelle branche française, précisant que l’entreprise s’est étendue à une quinzaine de pays européens.

Ce succès, Flixbus le doit à la libéralisation du secteur en 2013 en Allemagne. La demande a cru fortement, inquiétant la compagnie ferroviaire nationale, la Deutsche Bahn, qui aurait accumulé plus d’une centaine de millions d’euros de manque à gagner.

Des changements avec la loi Macron

Le nouvel arrivant sur les routes françaises, mais aussi ses concurrents attendent avec une impatience non dissimulée d’accélérer leur développement. Pour l’instant, la loi française ne les autorise à relier des villes françaises que dans le cadre d’un trajet international, ce qu’on appelle du cabotage. Un verrou qui doit sauter avec la loi Macron, en cours de discussion au Parlement.

Dès son entrée en vigueur, les autocaristes sont prêts à sortir leurs véhicules du parking. Transdev voudrait ainsi desservir dès l’été une quarantaine de villes.

Starshipper, que le groupement Réunir a créé en 2012 dans l’attente de cette libéralisation, ouvrirait une dizaine de lignes dans l’immédiat et peut-être jusqu’à 25 plus tard… « Nous attendions cette mesure depuis si longtemps », dit en souriant Joël Arcondeguy, de Réunir.

Flixbus, elle, veut tout simplement devenir le numéro un en France selon son directeur général, en commençant par une trentaine de grandes villes françaises et une centaine de cars. « Lorsqu’on évoque les 20 millions de passagers en Allemagne, le chiffre de 5 millions pour la France après une année de libéralisation nous paraît crédible », dit Pierre Gourdain, estimant pouvoir créer un millier d’emplois français.

Paris-Bruxelles à 13 euros

Contrairement à nombre de ses concurrents, Flixbus ne possède aucun véhicule mais des partenaires autocaristes qui doivent respecter un cahier des charges concernant par exemple l’espacement entre les sièges, la qualité de service, le wi-fi à bord ou encore le fait que les véhicules doivent avoir moins de trois ans…

Des véhicules peints dans le vert de cette entreprise qui se revendique comme startup. Flixbus élabore les lignes et les prix, s’occupe de la commercialisation et verse à l’exploitant « une grande partie du chiffre d’affaires », selon Pierre Gourdain.

Le principal argument des autocaristes porte sur le prix des trajets, comparé notamment à celui du train. Un Paris Bruxelles chez Flixbus est proposé à partir de 13 €, un Paris Berlin de nuit à partir de 39 €...

« Nos prix peuvent varier entre deux fois et trois fois et demie moins cher que le train », affirme Pierre Gourdain qui dit ne pas s’attendre à une « guerre des prix » entre les transporteurs en autocar : « Je pense que la différence se fera sur la qualité du service et le réseau ».

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Une question de kilomètres

C’est une notion de kilométrage qui inquiète les sociétés d’autocars à l’affût de la loi Macron pour desservir librement des villes françaises entre elles. Le texte voté à l’Assemblée nationale évoquait une distance minimale de 100 kilomètres entre deux villes desservies pour se passer d’autorisation d’une collectivité locale.

Le Sénat, lui, a fixé cette distance à 200 kilomètres. La Commission mixte paritaire doit maintenant se prononcer. « Si nous restions à cette centaine de kilomètre, ce serait vraiment un gros handicap », affirme Pierre Gourdain, de Flixbus, selon lequel le développement de l’autocar en Allemagne s’est surtout fait sur des liaisons de 150 à 200 kilomètres.

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/La-bataille-des-autocars-a-commence-2015-05-19-1313785

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