L’allemand FlixBus se lance en France

Le Monde.fr Le Monde.fr - il y a 24 mois

Et un de plus ! Après Eurolines (Transdev), iDBus (SNCF), Starshipper (une coopérative française d’autocaristes), le britannique Megabus (Stagecoach), c’est au tour de l’Allemand FlixBus, et ses bus vert pomme, de se lancer en France sur le marché des autocars longue distance.

Après avoir expérimenté une ligne Paris-Dortmund, la société inaugurera, jeudi 21 mai, quatre nouvelles lignes internationales vers Amsterdam, Bruxelles, La Haye et Maastricht. Suivront, début juillet, des lignes entre la capitale française et Berlin, Hambourg et Francfort. Le tarif d’appel est imbattable : un euro. Le tarif normal sera plutôt entre 20 et 30 euros selon les lignes.

Mais FlixBus se positionne surtout en vue de l’ouverture à venir du marché français du transport de passagers par autocar, prévue par la loi Macron. Et la société a une ambition : devenir tout simplement le premier acteur du secteur. Dans l’immédiat, dès fin 2016, FlixBus projette de desservir les trente plus grandes villes françaises avec une flotte de 80 à 100 autocars et un millier d’emplois à la clé.

Libéralisation du marché

« Pour cela, il faudra que la loi Macron [qui doit revenir à l’Assemblée nationale après avoir été votée et amendée au Sénat] passe, indique Pierre Gourdain, le directeur général de la branche française. Et pour l’instant un amendement du Sénat nous inquiète. La limite kilométrique pour lancer sans autorisation une liaison est passée de 100 à 200 km. Par exemple, des liaisons comme Rennes-Nantes, Nancy-Strasbourg ou Paris-Amiens devront être autorisées par les autorités organisatrices de transport. En Allemagne, le marché s’est notamment développé sur ces lignes de moins de 200 km. »

A sa création en 2011, cette jeune société affichait les mêmes ambitions en Allemagne que celles qu’elle brandit pour la France. Aujourd’hui, elle détient 70 % de part de marché d’un secteur libéralisé en 2013, qui devrait atteindre quelque 20 millions de passagers.

La société a résisté, alors que de gros concurrents continentaux se retiraient, à l’image du Britannique National Express, qui a abandonné son offre City2City. En fait, FlixBus a fusionné en janvier 2015 avec une autre start-up, MeinFernbus, jusqu’alors numéro un du marché local. En 2014, les deux entreprises ont réalisé environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, selon Reuters, avec 560 cars exploités à travers le pays.

L’objectif à moyen terme de FlixBus est de disposer d’une flotte de 1 000 autocars en Allemagne, mais aussi dans toute l’Europe. Outre la France, FlixBus s’installe dans les pays nordiques, dans le Benelux et en Italie.

Des autocaristes franchisés

La particularité de cette société, par rapport à iDBus ou Megabus, est qu’elle ne détient pas en propre ses bus mais travaille avec des autocaristes adhérents, qui respectent un cahier des charges (internet à bord, espace suffisant pour les jambes, propreté, véhicules de moins de trois ans, etc.).

FlixBus prend essentiellement en charge la planification du réseau de routes, la commercialisation des billets, sur Internet ou dans des agences près des gares routières, et le service après-vente. Aux adhérents d’exploiter les lignes.

Eurolines s’est construit en son temps de la même manière. « Cependant, nous avons une différence avec ce concurrent. Les transporteurs essentiellement locaux, qui travaillent avec nous, ont un intéressement au chiffre d’affaires des lignes qu’ils exploitent. Cela permet d’offrir une meilleure qualité de service », explique Pierre Gourdain.

En Allemagne, la société emploie 500 personnes en direct et 3 000 personnes indirectement à travers les sociétés d’autocars partenaires. En France, la société compte pour le moment six collaborateurs. D’ici la fin de l’année, elle espère une cinquantaine de salariés en propre et bien plus chez ses partenaires.

Philippe Jacqué

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/19/autocars-l-allemand-flixbus-se-lance-en-france_4636046_3234.html

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