Bataille des autocars, Transdev (Eurolines) lance Isilines

Crédits : Reuters

La tribune La tribune - il y a 27 mois

La maison-mère de la compagnie Eurolines, Transdev (filiale de la Caisse des Dépots et de Veolia Environnement) a annoncé jeudi le lancement de la marque Isilines. Transdev souhaite ainsi marquer son territoire sur le marché français des autocars longue distance dont la libéralisation, prévue par la loi Macron, est attendue pour cet été.

La guerre serait-elle déclarée ? Même si la loi n'est pas encore promulguée, la bataille des autocars longue distance est d'ores et déjà amorcée. Après l'allemand Flixbus et ses bus vert pomme en mai[1], c'est au tour d'Isilines d'officialiser le lancement de son réseau d'autocars en France, profitant du volet autocar prévu par la loi Macron.

Pour rappel, la loi "croissance et activité" permet d'ouvrir le transport par autocar sur les longues distances. Jusqu'à présent, seuls les trajets qui relient la France à un autre pays, et ceux réalisés dans le cadre d'une délégation de service public sont autorisés dans l'Hexagone. Une occasion que le Pdg de Transdev, Jean-Marc Janaillac, ne souhaitait pas rater :

« Nous avons choisi d'aller vite, pour lancer ce service à l'approche de l'été. La concurrence venue d'Europe est très active. Il est important de nous positiionner dès maintenant », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

Déploiement express

Le 10 juillet, les principales lignes d'autocars seront lancées, puis à l'automne, le réseau s'étendra à nouveau, avec une cinquantaine de villes françaises desservies par 17 lignes.

Une flotte de 300 autocars devrait ainsi s'élancer sur les routes françaises pour un investissement d'environ 90 millions d'euros. Dans un premier temps, le groupe annonce qu'il utilisera une cinquantaine d'autocars de tourisme de ses filiales françaises, ainsi que leur personnel.

Transdev devra aussi rapidement résoudre la question du nombre de gares routières pour assurer ses dessertes : «En termes de qualité de service, c'est un point qu'il faudra améliorer très rapidement », souligne Jean-Marc Janaillac.

Concurrencer le train et le covoiturage

Si Transdev peut difficilement rivaliser avec l'allemand Flixbus, qui annonçait un tarif d'appel de 1 euro en mai, les prix affichés promettent d'être attractifs : un trajet Paris-Lyon coûtera de 19 à 35 euros, contre 15 à 25 euros pour un Lyon-Marseille.

Le groupe avance que ces tarifs seront « moitié moins cher que le train, et proches de ceux du covoiturage ». Avec le confort et les services en sus : wifi gratuit, prise électrique et USB par chaque voyageur, sièges larges.

De son côté, la SNCF révélait en mars que cette concurrence de l'autocar engendrerait une perte du chiffre d'affaires qui pourrait aller jusqu'à 200 millions d'euros[2], dont 150 millions pour le TGV.

Si cette libéralisation de l'autocar longue distance est bénéfique pour les usagers, puisqu'elle « permet d'ajouter des liaisons qui n'existent pas, ou sur du "point à point" très mal desservi », comme le note Jean-Marc Janaillac, c'est aussi un levier pour l'emploi[3].

Création d'emplois

Le groupe assure que « 150 emplois directs seront créés dès la fin de cette année, dont deux tiers de conducteurs ».

 A l'horizon 2017, Transdev vise un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros, le transport de 5 millions de passagers annuels et la création de 1.000 emplois directs, dont 600 conducteurs. « Je pense qu'avec ces objectifs, on restera leaders sur le marché », assure Jean-Marc Janaillac. Ce nouveau réseau ne perturbera pas l'activité d'Eurolines, qui continuera d'effectuer des trajets internationaux, avec des dessertes en France.


Source : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/tourisme-loisirs/bataille-des-autocars-transdev-eurolines-lance-isilines-481530.html

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