Les organisations de taxis appellent à des rassemblements [1]le 25 juin devant les aéroports et les gares des grandes villes de France, pour protester contre les applications mobiles de type UberPOP, a-t-on appris vendredi de sources syndicales.

A l'origine du mouvement, la coalition de fédérations et syndicats de taxis (CFDT, CGT, FFTP, FNAT, FNDT, FNTI, FO, GESCOP, SUD, UNIT et UNT) ciblera, à Paris, les aéroports de Roissy et Orly, et les gares du Nord, de Lyon et Montparnasse. Des rassemblements sont aussi prévus place Denfert-Rochereau et à la porte Maillot.

«Ce sera des sit-in, il n'y aura pas de cortèges. Le but c'est d'occuper l'espace, parce qu'il y a un vrai ras-le-bol» des professionnels, a précisé Karim Asnoun (CGT). En province, Marseille et Lyon seront notamment concernés, a-t-il ajouté.

La loi Thévenoud peu appliquée selon les syndicats de taxis

Les organisations professionnelles réclament l'application effective de la loi Thévenoud[2], promulguée en octobre 2014. Censée réprimer davantage l'activité clandestine, elle n'est pas respectée[3] et les contrôles sont insuffisants, selon les taxis.Dans leur viseur, le service de transport entre particuliers à prix cassés UberPOP, lancé par le géant américain Uber, à l'origine de nombreux litiges devant les tribunaux.

La loi Thévenoud «a créé un nouveau délit avec deux ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende pour ceux qui organisent ce système», s'est défendu mardi le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies.

Selon lui, le gouvernement a engagé plus de 420 procédures judiciaires[4], depuis janvier, à l'encontre de chauffeurs utilisant l'application UberPOP. Un nombre jugé insuffisant par les syndicats et fédérations de taxis qui veulent faire entendre la «colère» de la profession, dit Karim Asnoun.

Des menaces en cascade

L'intersyndicale ne renoncera aux actions de jeudi prochain que dans les tout prochains jours «le gouvernement s'engage à désactiver toutes les applications UberPOP et qu'il s'engage à respecter la réglementation en vigueur», assène Abdel Ghalfi (CFDT).

Si l'exécutif ne fait rien d'ici-là, prévient-il, «le 25 (juin) on ne pourra plus contrôler les troupes».

Plusieurs chauffeurs d'UberPOP ont porté plainte ces derniers jours après avoir été agressés par des chauffeurs de taxi à Strasbourg, Nice ou Lille, a indiqué jeudi un porte-parole de l'entreprise.