Partager à deux tout ou partie de la course

Basé sur UberPOP, soit une mise en relation payante de passagers et d'automobilistes[2], le nouveau service, baptisé UberPOOL, permet de partager à deux tout ou partie de la course. Il sera opérationnel à partir de vendredi 15h. Dans cette solution déjà appliquée à San Francisco, berceau d'Uber, un algorithme optimise les trajets en combinant les commandes les plus complémentaires passées via l'application Uber sur smartphone.

Un utilisateur peut décider de rester seul dans la voiture UberPOP, mais s'il choisit l'option «pool» lors de la commande, il obtiendra une ristourne de 10% au minimum sur le prix du trajet, et jusqu'à 50% si son parcours correspond à celui de l'autre passager. L'idée ce cette nouvelle proposition «est d'apporter à la demande et dans un milieu urbain un service qui permette de faire voyager les gens ensemble, qui ne se connaissent pas, et ce pour un coût extrêmement compétitif», a expliqué Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France, lors d'une conférence de presse.

Un prix potentiellement divisé par trois vis-à-vis de celui d'un taxi

Pour ce service opérationnel à partir de vendredi 15h, Uber a fait miroiter un prix potentiellement divisé par trois vis-à-vis de celui d'un taxi classique sur un trajet entre le centre de Paris et l'aéroport de Roissy. L'annonce de jeudi intervient moins d'un mois après qu'Uber France a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 100.000 euros d'amende pour avoir présenté UberPOP comme du covoiturage. La société a fait appel et poursuivi ce service pour lequel elle revendique «160.000 utilisateurs» en France.

Mais des sociétés de VTC et de taxis, criant à la «concurrence déloyale», ont assigné Uber en référé devant le tribunal de commerce de Paris, réclamant la fin des activités d'UberPOP assortie d'une astreinte quotidienne de 250.000 euros en cas de non-exécution[3]. Une audience est prévue le 21 novembre. «Une décision concernant UberPOP le 21, quelle qu'elle soit, aura des conséquences très larges sur tout un secteur», celui du covoiturage, a prévenu jeudi le directeur général d'Uber pour l'Europe de l'Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty.

Affirmant qu'«aujourd'hui, il n'y a pas de cadre réglementaire en France qui encadre les activités de transport entre particuliers», M. Gore-Coty a aussi rejeté l'idée selon laquelle «le calendrier judiciaire a dicté notre décision de lancer» UberPOOL à Paris.

Oihana Gabriel