MyFerryLink : le gouvernement propose une porte de sortie

michel spingler/ap/sipa

Les Echos Les Echos - il y a 24 mois

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports a proposé un protocole d'accord. Il pourrait être à l’origine de la sauvegarde de 380 emplois de la Scop SeaFrance. Le feuilleton MyFerryLink serait-il en passe de se terminer ?


Le feuilleton MyFerryLink serait-il en passe de se terminer ? Les marins de la Scop SeaFrance protestent depuis plusieurs semaines contre la décision d’Eurotunnel de vendre deux bateaux[1] de la flotte MyFerryLink, l’émanation commerciale de la Scop, à leur concurrent danois DFDS. Les salariés de la compagnie ont multiplié les actions coups de poing : blocage du tunnel sous la Manche ou interdiction faite aux bateaux de la DFDS d’amarrer dans le port de Calais.

Jeudi, le secrétaire d’Etat chargé des Transports Alain Vidalies, qui a rencontré mercredi les trois parties impliquées dans le dossier, a présenté une proposition de protocole d’accord en neuf points pour mettre fin au conflit. Ce texte propose qu’une nouvelle Scop soit créée et passe un contrat d’affrètement avec Eurotunnel pour le navire « Nord-Pas-de-Calais », resté la propriété de l’opérateur du tunnel sous la Manche. En outre, 380 des 487 salariés français actuellement en CDI seraient repris, soit par DFDS, soit par la nouvelle structure.

Libérer les bateaux « Berlioz » et « Rodin »

Précisément, 150 salariés seraient sélectionnés par Eurotunnel et les dirigeants de la Scop SeaFrance – ou par un médiateur choisi par le gouvernement en cas de désaccord. Ils seraient ensuite employés par la nouvelle Scop. Le danois DFDS s’engage quant à lui à embaucher 230 autres salariés. Selon le protocole, les 107 marins laissés sur le carreau seraient eux aidés et encadrés dans leur processus de recherche d’emploi. Ils seraient par ailleurs prioritaires pendant cinq ans si Eurotunnel ou DFDS se trouvaient créer des emplois maritimes sur le port de Calais. Eurotunnel devra enfin de plus verser 1,2 million d’euros de créances à la Scop sur un total de 6,2 millions d’euros dus.

En contrepartie, les salariés de SeaFrance doivent s’engager à libérer les bateaux « Berlioz » et « Rodin », vendus par Eurotunnel à DFDS mais retenus par les marins dans le port de Calais depuis le 2 juillet.

Au total, une offre à prendre où à laisser, qui inclut la levée de toute poursuite judiciaire de part et d’autre. Les intéressés ont jusqu’à lundi prochain 14h30 pour accepter le protocole dans sa globalité et convenir que « la liquidation de la Scop SeaFrance est inéluctable avant la fin du mois d’août ».

Report de la décision du tribunal

Logiquement, le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer qui devait se prononcer ce jeudi à 16 heures sur une éventuelle liquidation de la Scop, a décidé de reporter sa décision à mardi 15 heures comme l’avaient demandé plus tôt les avocats de SeaFrance.

Eurotunnel n’aurait pas été satisfait de ce report, selon l’AFP, et aurait voulu obtenir du tribunal de commerce la liquidation de la Scop afin d’avancer sur l’accord. La compagnie désapprouve également le contenu du protocole estimant que le gouvernement n’aurait pas à « dicter à une entreprise privée avec qui elle doit contracter ou comment doit se faire le recrutement ». Reste qu'à l’heure où les migrants affluent ver le tunnel, son intérêt peut être de mettre fin à un conflit qui perturbe lui aussi son activité.

E. M.

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021224148820-myferrylink-le-plan-du-gouvernement-permettrait-de-sauvegarder-380-emplois-1139313.php

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