Les autocars pourraient changer la manière de voyager des Français

mychele daniau/afp

La-Croix.com La-Croix.com - il y a 20 mois

Selon Yves Crozet, professeur à l’Université de Lyon et membre du Laboratoire d’économie des transports, de nombreux voyageurs qui vont les emprunter ne se seraient pas déplacés sans leurs prix attractifs.

« En Allemagne, où les lignes régulières d’autocar ont été autorisées en 2013, on compte déjà 20 millions de voyageurs et les spécialistes estiment que la moitié d’entre eux ne se seraient pas déplacés sans les prix incitatifs de ce mode de transport. On peut donc facilement imaginer que les autocars vont vite rencontrer un franc succès en France », affirme Yves Crozet.

Un succès facilité par la crise économique et la stagnation du revenu moyen. « Les autocars vont séduire les Français car la société a déjà été conquise par la culture du low cost, constate-t-il. Les jeunes et ceux qui disposent de faibles revenus – par exemple les chômeurs – devraient être parmi les premiers à les emprunter. »

Mais, selon le spécialiste, le public devrait s’élargir assez vite : « Classes moyennes, retraités, familles… On l’a vu avec les TGV à bas prix Ouigo[1] ou le covoiturage, et notamment BlaBlaCar. Son succès s’est bâti sur les jeunes mais il a été adopté par les plus âgés. »

> Lire aussi L’autocar en première ligne de la loi Macron[2]

« Ceux pour qui la valeur temps à une grande importance seront en revanche moins sensibles à cette offre, relativise-t-il. En ce sens, l’autocar devrait rencontrer un succès moins important qu’en Allemagne car la France a un bon réseau structuré de chemin de fer et surtout de TGV. Outre-Rhin, il est plus facile d’adopter l’autocar pour aller de Munich à Berlin, car il ne met qu’une demi-heure de plus que le train alors que son prix est trois fois moins cher. »

Poursuivant sa comparaison avec la situation en Allemagne, Yves Crozet prédit que « le marché français attire beaucoup de concurrents, y compris étrangers. Il y a aura sans doute de la casse dans cette compétition, mais aussi des restructurations en grands réseaux franchisés. C’est ce qui s’est passé en Allemagne. Cette concurrence s’explique aussi par les perspectives d’extension du marché. Dans un premier temps, c’est le grand public qui est visé. Mais les autocaristes savent que, demain, les institutionnels, comme les régions, pourraient décider de remplacer les TER[3] par des autocars en confiant à ces derniers une délégation de service public en lieu et place de la SNCF. On voit bien que les présidents de région ont peu à peu évolué, alors qu’hier, ils ne juraient que par le train. »

En conclusion, « l’autocar apporte aussi une petite révolution. Il marque le grand retour de la route, déjà entamé avec le covoiturage. On se souvient en effet des messages télévisés du Grenelle de l’environnement où les routes disparaissaient au profit des lignes de TGV ou de tramways ! »

References

  1. ^ TGV à bas prix Ouigo (www.la-croix.com)
  2. ^ L’autocar en première ligne de la loi Macron (www.la-croix.com)
  3. ^ TER (www.la-croix.com)

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Economie/Loi-Macron-les-autocars-pourraient-changer-la-maniere-de-voyager-des-Francais-2015-08-09-1342781

Partager

Laisser un commentaire :