En Espagne, l’autocar résiste au développement du TGV

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La Croix La Croix - il y a 20 mois

Les autocars sillonnent l’Espagne de longue date. Ils satisfont, selon les années, entre 13 à 14 % du transport des passagers, soit près de trois fois plus qu’en France (5,2 à 5,4 %) quand la moyenne européenne se situait à 9,2 % en 2013 selon Eurostat.

En Espagne, les chemins de fer, bien partis au XIXe  siècle, ont par la suite végété, souffrant des troubles politiques et de la faiblesse du développement du pays. Tant et si bien qu’en 1980, l’Espagne est « compte tenu de sa superficie, le moins bien doté des pays d’Europe occidentale » en infrastructures ferroviaires, analysait Max Daumas dans les Annales de géographie en 1983.

Le géographe rapportait qu’à l’époque « bien des points du territoire, surtout dans la Meseta (haut plateau qui occupe près de la moitié de la superficie du pays) sont à plus de 150 km de la gare la plus proche. »

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Cette faiblesse historique du réseau ferré a profité au développement du transport aérien et par autocar, que l’essor du réseau TGV, ces vingt dernières années, n’a pas remis en cause. « En Espagne, l’eldorado pour l’autocar fait partie du passé », estime Yves Crozet du laboratoire d’économie des transports du CNRS.

En 1947, une loi sur les transports érige en service public le transport par autocar qui est depuis lors confié à des entreprises par l’État et les régions selon un régime de concessions.

Le réseau à grande vitesse quatre fois moins fréquenté qu’en France

À partir des années 1980, la jeune démocratie espagnole met les bouchées doubles pour rattraper son retard, construisant autoroutes et voies ferrées à tour de bras. L’exposition universelle de Séville en 1992 inaugure la première ligne TGV Madrid-Séville.

Le réseau à grande vitesse – 2 200 km – a même aujourd’hui dépassé le réseau français (1 900 km). « Mais il est quatre fois moins fréquenté : 13 milliards de voyageurs-km par an contre 54 milliards pour la France », rapporte Yves Crozet.

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« L’autocar n’a guère eu à pâtir de son développement, car le TGV est plus directement en concurrence avec l’aérien. » Ainsi l’avion et le train se partagent à parts égales 80 % des passagers du transport interurbain longue distance, alors que 86 % des voyageurs empruntent l’autocar pour les trajets moyenne distance, selon l’institut espagnol de statistiques INE.

L’autocar s’est ainsi inscrit de manière stable et durable dans le paysage espagnol.

Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/En-Espagne-l-autocar-resiste-au-developpement-du-TGV-2015-08-18-1345314#

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