SNCF : Ouigo s’étend, Ouibus arrive

Les Echos Les Echos - il y a 19 mois

La SNCF poursuit sa mue dans le low cost. L’entreprise lance ses autocars à bas prix vers 35 destinations en France. Son offre de TGV Ouigo à partir de 10 euros est étendue.


Confrontée à une concurrence de plus en plus agressive sur les voyages longue distance, la SNCF a dévoilé ce jeudi sa riposte : Les Essentiels, une offre présentée sans fausse pudeur comme low cost et qui mise gros sur le développement des liaisons par autocar. Deux choix stratégiques qui vont sans doute faire grincer des dents en interne[1] .

L’entreprise publique avait fait ses premiers pas dans le low cost en 2013, en lançant ses trains Ouigo[2] , sans assumer toutefois pleinement ce positionnement (elle préférait alors parler de «  grande vitesse à petits prix »). Les précautions oratoires ne sont plus de mise : «  Nous inventons le low cost by SNCF, l’essentiel du voyage, sans compromis », avançait ce jeudi Guillaume Pepy, le président du directoire du groupe.

Ouigo étend son réseau

Cantonné jusqu’à présent aux relations entre Marne-la-Vallée et le sud-est de la France, Ouigo va donc étendre son réseau de destinations au nord et à l’ouest de l’Hexagone en 2016. Huit nouvelles gares (Tourcoing, TGV Haute Picardie, Nantes, Rennes, Le Mans, Angers, Roissy-Charles-de-Gaulle TGV et Massy TGV) seront desservies, avec au total 8 millions de voyages à partir de 10 euros proposés sur l’année.

Second volet de la nouvelle offre, l’autocar longue distance[3] . La SNCF s’était positionnée sur ce créneau en 2012 avec ses iDBUS, dans l’attente de la libéralisation du marché, finalement intervenue cet été avec la loi Macron. A l’origine, iDBUS avait un positionnement haut de gamme, caractérisé notamment par la volonté de ne pas passer par des sous-traitants, pratique courante sur ce marché, pour mieux garantir la qualité de service. La filiale de la SNCF avait donc investi dans une flotte d’autocars et embauché 160 chauffeurs.

Aujourd’hui, virage complet : iDBUS devient Ouibus et est positionné comme un axe majeur de l’offre low cost. Pour répliquer aux concurrent comme Isilines (groupe Transdev), qui occupe le terrain depuis cet été, le britannique Megabus, qui affiche ses ambitions[4] ou encore l’allemand FlixBus, qui pose des jalons avant un lancement en force au printemps 2016, Ouibus va progressivement densifier son réseau a fin de couvrir, d’ici à début 2016, 35 destinations en France et 11 en Europe, soit 130 liaisons, dont 86 nouvelles.

300 embauches

En Ile-de-France, l’opérateur desservira les gares routières de Bercy, Paris-La Défense, ainsi que celles des aéroports d’Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle. Quatre millions de places, avec des prix d’appel à partir de 5 euros, devraient être mises en vente en 2016. Pour assurer une telle montée en puissance, la SNCF va procéder à 300 embauches (dont 200 conducteurs), mais aussi recourir à la sous-traitance[5], des «  partenariats » avec des autocaristes régionaux devant assurer 80 % de l’accroissement de l’offre.

Le préfixe « oui » devient au passage l’étendard du low cost façon SNCF, ce qui permettra d’y d’intégrer Ouicar, la jeune pousse dédiée à la location de voitures entre particuliers[6] , dont l’entreprise publique a pris le contrôle au début du printemps. Au total, la SNCF, qui transporte environ 150 millions de passagers par an dans ses TGV et Intercités, vise avec son offensive low cost, trains et autocars confondus, 10 millions de voyages en vente en 2016 et jusqu’à 18 millions en 2018. De quoi, espère l’entreprise publique, répliquer à la concurrence, y compris celle du covoiturage comme BlaBlaCar, sur le terrain des prix.

Dernier virage stratégique de taille : pour une même destination, les trajets en TGV classique, en Ouigo et en Ouibus seront proposés sur un pied d’égalité sur le site du groupe Voyages-sncf.com, assure Guillaume Pepy, ce qui était loin d’être le cas jusqu’à présent. Ce qui pourrait entraîner une cannibalisation de la clientèle du train au profit de l’autocar. Un risque que le patron de la SNCF se dit prêt à courir si c’est le prix à mettre pour séduire de nouveaux clients.

L. S., Les Echos

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021302011267-le-plan-de-la-sncf-pour-faire-sa-mue-low-cost-1150550.php

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