Covoiturage et autopartage, nouvelles mamelles de la mobilité

© Gile Michel/ SIPA

Sciences et Avenir Sciences et Avenir - il y a 27 mois

Blablacar [1]vient de lever cette semaine 177 millions d’euros auprès de fonds d’investissements américains. L’entreprise est désormais valorisée à 1,4 milliards d’euros. Bien malin celui qui aurait pensé à un tel destin en 2006 quand son fondateur, Frédéric Mazella[2], a eu l’idée de rapprocher conducteurs et voyageurs pour faire la route ensemble.

Aujourd’hui Blablacar revendique 20 millions d’utilisateurs dans 19 pays. C’est un signe : la voiture passe du statut de bien individuel révélateur d’un niveau social à celui de banal moyen de se déplacer qu’il est bien plus intelligent de se partager. Les études[3] que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie[4] (Ademe) vient de publier dessinent une pratique sociale qui dépasse largement le public des étudiants désargentés. Le dépouillement d’un questionnaire diffusé principalement auprès d’utilisateurs actifs de Blablacar[5] (qui pèse 92 % des trajets en France), révèle un covoitureur dont l’âge moyen est de 33 ans. C’est un actif, vivant seul ou en couple sans enfants. Il est majoritairement cadre ou employé. Près de la moitié des utilisateurs sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur de deuxième cycle (contre 13 % des Français).

Une motivation d'abord économique

Ainsi, le profil type du conducteur est celui d’un actif diplômé mais dont les revenus sont inférieurs au revenu médian français tandis que les passagers sont des actifs ou des étudiants non motorisés. Ce qui ne les empêche pas d’être mobiles. Ils effectuent 11 longs voyages par an contre 5 en moyenne pour les Français. Il ne s’agit pas uniquement d’urbains: 20 % des covoitureurs habitent dans une ville de moins de 10 000 habitants. La première motivation des conducteurs comme des passagers est évidement économique. Le gain est estimé à 0,1 euro par kilomètre parcouru. Suivent ensuite les aspects pratiques et écologiques de la formule, et enfin la convivialité. Le partage a aussi des vertus écologiques. Il réduit le nombre de véhicules sur les routes si bien qu’une voiture remplie permet de diminuer de 12 % les émissions de gaz à effet de serre sur le trajet. Le parcours moyen est de 364 kilomètres.

Le covoiturage est une affaire de longues distances

Sur des itinéraires courts quotidiens, la formule rencontre beaucoup moins de succès, bien que la plupart des communautés de communes sont désormais dotées d’aires de covoiturage. La progression de la pratique est cependant difficile à quantifier car elle passe principalement par des arrangements entre collègues de travail ou par des liens familiaux. 3 % seulement des trajets passent en effet par une plate-forme Internet. Selon l’enquête de l’Ademe, 93 % des trajets se font entre le domicile et le travail. 39 % des covoitureurs sont des cadres, 27 % des employés et 17 % des ouvriers. 56 % sont des hommes. Selon les derniers chiffres disponibles, le covoiturage de courte distance ne concerne que 2,5 % des trajets. Mais l’Ademe note un souhait marqué des Français de pouvoir adopter cette pratique.

Enfin, l’autopartage[6] reste marginal. Cette solution qui consiste à louer du temps d’usage d’une voiture à son propriétaire est pratiquée par des personnes au profil très spécifique. Les autopartageurs sont majoritairement des hommes, âgés en moyenne de 38 ans, vivant en couple et fortement diplômés. “Pour 41 % des locataires et 58 % des propriétaires de voitures, l’argent n’est pas la principale raison de recourir à l’autopartage entre particuliers. Pour les locataires, la flexibilité de l’usage (possibilité de s’arranger directement avec les propriétaires) et la proximité des véhicules par rapport au domicile entrent également en ligne de compte. Les propriétaires de voiture mettent en avant leur volonté de partager un véhicule peu utilisé avec d’autres personnes, par souci d’écologie et pour rendre service”, note le rapport. L’autopartage[7] est principalement utilisé comme moyen de substitution aux voitures de location lors des voyages ou des vacances ou pour de courts trajets autour du domicile principal. Alors que la voiture n’est utilisée que 5 % du temps et pourrait aisément être partagée, la pratique peine à gagner en visibilité.

Loïc Chaveau

References

  1. ^ Blablacar (www.blablacar.fr)
  2. ^ Frédéric Mazella (www.blablacar.fr)
  3. ^ études (www.ademe.fr)
  4. ^ ’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (www.ademe.fr)
  5. ^ Blablacar (www.sciencesetavenir.fr)
  6. ^ l’autopartage (www.ademe.fr)
  7. ^ autopartage (www.sciencesetavenir.fr)

Source : http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/developpement-durable/20150917.OBS6013/covoiturage-et-autopartage-nouvelles-mamelles-de-la-mobilite.html

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