Rendre le voyage « accessible au cœur des territoires »

Pour l’entreprise ferroviaire, le but est de proposer une offre « de mobilité moyenne et longue distance accessible à tous » pour rendre le voyage « accessible au cœur des territoires ». Et ce, en se positionnant toujours plus sur le low cost.

« De plus en plus de clients sont sensibles aux prix plutôt qu’aux temps de trajet en tant que tels », poursuit Jean Ghedira. Avec des prix - proposés uniquement le week-end – plafonnées à 30 euros en seconde classe pour Nantes et 35 euros pour Strasbourg, le patron de l’activité Intercités assure être compétitif avec le covoiturage. « Le client n’attend plus le bon vouloir de la SNCF pour bouger. C’est normal, il a le choix », ajoute-t-il. Une opération séduction qui laisse toutefois une association d’usagers perplexe.

« Les lignes transversales restent les grandes oubliées de la SNCF »

« Il est indéniable que le low cost est un élément porteur dans le transport », affirme Jean Lenoir, vice président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)[2]. « Ces nouvelles lignes sont une bonne chose. Leur déploiement à Bordeaux et Toulouse a tout de suite été un succès. Donc il y a un réel besoin et une attente », reconnait-il. Mais selon lui, « à la différence du transport routier et aérien, le ferroviaire accuse un réel retard en termes de low cost ».

« Tant que le TGV a été prospère, la SNCF ne s’est pas posée de questions sur le sujet. Ce qui lui a fait d’une part perdre beaucoup de clients et a masqué d’autre part de réelles difficultés, notamment avec les trains Corail. Elle ne s’est saisie du dossier que très récemment. Et il reste à faire », explique-t-il. Selon lui, « les lignes transversales restent les grandes oubliées de la SNCF ».

« Il faut plus de fréquence et plus de gares desservies. L’offre 100 % Éco Paris-Strasbourg desservira la gare de Nancy. C’est bien. Mais pourquoi ne pas passer par Châlons-en-Champagne ou Bar-le-Duc ? », questionne-t-il. Car pour Jean Lenoir, « ce manque continue d’accentuer le clivage entre les grandes métropoles et les villes moyennes ».

Romain Lescurieux