Une nouvelle ombre sur la sécurité à la SNCF

Les Echos Les Echos - il y a 17 mois

Après Brétigny-sur-Orge en 2013 (un déraillement en gare causant 7 morts et 61 blessés) et Denguin l’an dernier (le « rattrapage » d’un TGV par un TER, 40 blessés), la SNCF vient donc de connaître pour la troisième année d’affilée un accident ferroviaire majeur, qui contribue à alimenter les interrogations de l’opinion sur la culture de la sécurité de l’entreprise publique.

L’accident de samedi contribue à alimenter les interrogations de l’opinion.
Après Brétigny-sur-Orge en 2013 (un déraillement en gare causant 7 morts et 61 blessés) et Denguin l’an dernier (le « rattrapage » d’un TGV par un TER, 40 blessés), la SNCF vient donc de connaître pour la troisième année d’affilée un accident ferroviaire majeur, qui contribue à alimenter les interrogations de l’opinion sur la culture de la sécurité de l’entreprise publique.

Pourtant, le drame survenu samedi à Eckwersheim, en Alsace, est inédit à plus d’un titre. Depuis leur lancement en 1981, il est déjà arrivé que des TGV déraillent, mais sans jamais occasionner de victimes. De surcroît, l’accident s’est déroulé lors d’une campagne de tests destinée à homologuer la nouvelle section qui vient d’être construite pour compléter la ligne à grande vitesse entre Paris et Strasbourg.

Ce déraillement implique donc un TGV (relativement récent si l’on en croit une source syndicale), et une voie flambant neuve qui devait être mise en service dans six mois. Aucun parallèle ne peut être fait avec les accidents de Denguin et surtout de Brétigny, où ont été pointés du doigt la vétusté des infrastructures et le manque de soin apporté à leur maintenance.

Une présence injustifiée d'enfants dans la rame
Par ailleurs, expliquait dimanche le président du directoire du groupe public, Guillaume Pepy, « à l’heure actuelle, l’accident est inexpliqué ». Il contredisait ainsi implicitement le directeur de cabinet du préfet d’Alsace, qui mettait en cause dès samedi une vitesse excessive. Il faudra donc patienter avant de comprendre comment cet accident a pu se produire.

Cette catastrophe n’en écorne pas moins un peu plus la réputation de sécurité de la SNCF, déjà altérée par les accidents de 2013 et 2014. La polémique est par ailleurs entretenue par les syndicats de cheminots CGT et SUD, qui pointent plusieurs accidents récents survenus sur des TER.

Et parmi les rares certitudes sur la catastrophe de samedi, un fait interpelle : la présence d’enfants de cheminots dans la rame de test, avec les techniciens. « Est-ce normal ? Evidemment, non », a indiqué Guillaume Pepy. Sur ce point précis, des libertés ont été prises, à la base, avec les règles édictées en interne. Laissant penser que cela peut être le cas sur d’autres sujets.

La SNCF a décrété la mobilisation générale sur la sécurité depuis Brétigny, avec le lancement de plusieurs plans d’action, dont Vigirail, doté de 410 millions d’euros. De nouvelles recommandations d’un groupe d’experts mandaté à l’automne 2013 devaient même être publiées dans les jours qui viennent. La direction, ces derniers jours, pensait recueillir les premiers fruits de ces efforts, en évoquant du mieux dans les audits sécurité menés ces derniers mois. Avec ce dernier drame, la sensibilité des cheminots aux actions menées reste en question.


Lionel Steinmann

 

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021479859243-une-nouvelle-ombre-sur-la-securite-a-la-sncf-1175327.php

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