Transport routier de marchandises : l'outil de production est en repli

WK Transport Logistique WK Transport Logistique - il y a 25 mois

Lors du congrès de la FNTR, début novembre 2015, deux indicateurs énoncés en public ont frappé les esprits : 18 % des groupes de transport génèrent 75 % du chiffre d’affaires global du secteur.

Parmi ces 18 %, 1,5 % totalise le quart des 75 %. Ces données confirment que, depuis la crise de 2008, la tendance est à la concentration des moyens et des capitaux dans le secteur des transports, matérialisée par les stratégies de croissance externe et les rachats à la barre du tribunal. La tendance est détaillée par le dernier Panorama économique et financier du TRM 2009/2014, réalisé par la Banque de France (novembre 2015). 

Croissance relativement faible

Dans son étude, sur un échantillon de 5 709 entreprises, la Banque de France note une hausse moyenne de 1,4 % du chiffre d'affaires (gazole inclus) entre 2013 et 2014. Croissance relativement faible qui s’explique par une activité hiératique en volumes (notamment dans la messagerie et les produits manufacturés), le prix du gazole en baisse (impact négatif sur l’indexation en pied de facture) et la pression sur les prix (due à la pratique coutumière des appels d’offres). Entre 2009 et 2014, on compte 4 000 entreprises de transports supplémentaires (de 28 066 à 32 059 unités).

Logique : la crise financière mondiale de 2008 a causé la multiplication des défaillances dès 2009, un effet "dominos" visible dans le TRM, avec plus de 2 200 procédures judiciaires par an. Le document souligne que parmi les 32 059 entreprises de transport, 72 % emploient moins de 10 salariés et 16 % moins de 50 salariés (voir graphique). Au sommet de la pyramide, elles sont seulement 0,4 % à compter plus de 250 salariés. Le phénomène de concentration n’a donc pas réduit la proverbiale atomisation du secteur du TRM.

 Rentabilité et valeur ajoutée

En termes de rentabilité, au regard des marges brutes d'exploitation (EBE), la "photo" de 2014 indique un redressement, de 5,5 % à 6,3 % entre 2012 et 2014 (voir graphique), mais ces résultats sont encore loin des valeurs d'avant le crash bancaire de 2008 (8,3 % et 7,5 %). Ce redressement permet, selon la Banque de France, aux trois quarts des entreprises du TRM de bénéficier d’une capacité de remboursement jugée "satisfaisante", inférieure à 3,5 ans, selon le ratio endettement financier sur autofinancement (voir graphique).

 

Pour 11 %, la capacité de remboursement dépasse les 7 ans, signe d'une insuffisance récurrente de résultats positifs. Moins connu, mais tout aussi intéressant, est le taux de valeur ajoutée/chiffre d’affaires. Il mesure la performance de l'outil de production. Dans les entreprises de TRM, il stagne à 37 %, en repli depuis 2009. Plus la valeur est basse, plus elle indique une externalisation des moyens de production (voir graphique Rentabilité et valeur ajoutée).

Dans le TRM, le repli de cette valeur souligne la part grandissante de l'affrètement dans les modèles économiques des entreprises, beaucoup d’entre elles investissant moins dans leurs parcs en propre que dans les moyens informatiques pour organiser et gérer la sous-traitance. Pour comparer, le taux de valeur ajoutée/chiffre d’affaires est de 30 % pour les entreprises du CAC 40, de 50 % dans l'industrie du luxe, de 40 % dans la pharmacie et de 10 % dans le commerce (source : Journal du Net).

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References

  1. ^ ici (www.wk-transport-logistique.fr)

Source : http://www.wk-transport-logistique.fr/actualites/detail/89733/transport-routier-de-marchandises-l-outil-de-production-est-en-repli-depuis-2009.html

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