Autocar : quelle croissance pour le transport de voyageurs ?

France info France info - il y a 16 mois

L'autocar va-t-il s'imposer comme nouvelle façon de voyager ? Ils seront nombreux dès aujourd'hui sur la route des vacances de Noël. Avec la loi Macron, ces bus peuvent transporter des voyageurs sur des longs trajets en France. C'est autorisé depuis septembre dernier. En 4 mois, 500.000 passagers l'ont déjà testé.


500.000 voyageurs depuis septembre en 4 mois, c'est 3 fois plus que sur toute l'année dernière. Ce chiffre est donné par le ministère de l’Économie, qui estime que cela a déjà créé un millier d'emplois.
Et si Bercy met ces chiffres en avant, c'est que lors du vote de la loi qui libéralisait les transports de voyageurs en autocar, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, promettait que cela doperait la croissance.


L’une des promesses était de voyager moins cher
Et aussi de permettre à tous ceux qui n'en ont pas les moyens de se déplacer. Est-ce le cas ?

Si l'on fait le portrait-robot du passager d'autocar, c'est effectivement quelqu'un qui fait attention à son porte-monnaie. Ce sont avant tout des jeunes - plus d'un tiers d'étudiants ou de trentenaires, par exemple chez Isilines, l'une des compagnies d'autocars -  des familles, souvent nombreuses, lors des vacances scolaires, et de plus en plus de retraités - qui ont du temps et l'habitude de voyager en groupe.
Alors, cela ne signifie pas pour autant qu'il y a plus de gens qui voyagent en France. Sur Ouibus, les autocars de la SNCF, 20% sont des nouveaux clients, des gens qui ne prenaient pas le train avant.
Bref, ces autocars attirent sans doute de nouveaux voyageurs, mais aussi et surtout beaucoup de passagers qui auraient pris un train ou fait du co-voiturage.

Le ministère de l’Économie parle d'un millier d'emplois créés
Les autocars, c'est bon pour la croissance ? Selon France Stratégie par exemple, un organisme de réflexion du gouvernement, cela pourrait créer 22.000 emplois. Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas pour tout de suite. La question pour l'instant, c'est de savoir si ces lignes d'autocar seront rentables.

Les compagnies les développent à tout va, annoncent de nouvelles liaisons et se battent à coup de chiffres. Flixbus revendique 150.000 passagers et 300 emplois créés, Isilines 220.000 voyageurs... Leur priorité aujourd’hui est de s'étendre, d'avoir le réseau le plus large possible et de gagner des voyageurs. "On investit pour créer la culture de l'autocar, nous dit une compagnie. La rentabilité n'est pas la question pour le moment. On verra d'ici 2 ans".

Quel avenir alors pour ce secteur du transport de voyageur en autocar ?
Certaines compagnies risquent de ne pas survivre. Il pourrait ne rester que 2 ou 3 gros groupes sur les 5 qui essaient de s'installer aujourd’hui. Mais les voyages en autocar vont se développer. En Allemagne, où le marché s'est ouvert il y a 3 ans, on compte plus de 8 millions de passagers. Il y en a 30 millions en Grande-Bretagne.


Julie Bloch-Lainé

Source : http://www.franceinfo.fr/emission/le-mot-de-l-eco/2014-2015/le-mot-de-l-eco-19-12-2015-19-12-2015-08-00

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