SNCF : la grève, une aubaine pour le covoiturage ?

kim kyung hoon / reuters

La tribune La tribune - il y a 14 mois

Et si le mouvement de grève reconductible de la SNCF[1] était l'occasion pour les voyageurs d'envisager l'alternative du covoiturage à plus long terme ?

La question se pose en effet, puisque lors des précédentes perturbations dans les transports, Blablacar, leader du covoiturage longue distance, attestait d'une hausse de fréquentation sur son site. Ainsi, pendant la semaine du 9 mars, date de la première mobilisation contre la loi Travail, l'entreprise de Frédéric Mazzella avait connu une augmentation d'activité globale de 20% par rapport à une semaine classique. Sans parler de la grève de juin 2014[2], qui avait permis à la plateforme de revendiquer un pic historique[3] de 120%.

Un phénomène de très court terme

Sans toutefois donner de chiffres, du côté d'IDVRoom[4], on confirme que toute perturbation de l'offre de transport entraîne une augmentation des modes de déplacement alternatifs, parmi lesquels, le covoiturage.

Côté chiffres, justement, Sylvanie Godillon, du bureau de recherche spécialisé sur la mobilité et l'urbanisme 6-t, analyse:

"Toute perturbation, qu'il s'agisse d'une hausse du prix du carburant ou d'une grève, a un impact positif sur le covoiturage de longue distance. Cela peut également entraîner une organisation informelle entre collègues, voire pousser certaines entreprises à favoriser des solutions de covoiturage domicile-travail, telles que le propose la plateforme WaizUp".

D'ailleurs cette fois-ci, le fait que la grève soit annoncée comme reconductible, va favoriser l'usage d'un mode alternatif, alors que les voyageurs auraient peut-être plutôt posé une journée de RTT en cas de mouvement ponctuel.

Des habitudes bien (trop ?) ancrées

Cela dit, les chances de modifier durablement les habitudes des salariés pour les trajets domicile-travail sont minimes, selon Sylvanie Godillon. L'experte explique en effet que le train restera la solution préférée des usagers du ferroviaire, notamment professionnels, compte-tenu du confort -- la possibilité de travailler, de lire ou dormir -- et de la fiabilité en matière de ponctualité qu'il représente, les covoitureurs restant en effet tributaires de la circulation et donc des éventuels bouchons. C'est d'ailleurs ce que démontrait une récente étude conduite par le cabinet 6-t[6]. Et de toute façon, au-delà de 400 kilomètres, les passagers attestent d'une préférence incontestable pour le train.

Reste que sur les petits trajets, le covoiturage est souvent perçu comme une contrainte. Aussi automobilistes et usagers des transports en commun hésitent-ils à sauter le pas malgré l'offre pléthorique[7] dans ce domaine. Certaines, à l'instar de Sharette n'ont d'ailleurs pas survécu, faute d'avoir atteint la primordiale masse critique. Cependant, d'autres semblent avoir trouvé un modèle efficient, basé sur le temps réel, afin d'optimiser les chances de séduire conducteurs et passagers, à l'instar de OuiHop[8].

Mounia Van de Casteele


Source : http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/sncf-la-greve-une-aubaine-pour-le-covoiturage-571901.html

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