Pénurie de carburant : pas d’affolement dans le secteur du transport

Les Echos Les Echos - il y a 18 mois

Les entreprises écartent le risque de panne sèche à court terme, que ce soit pour les camions ou les bus.


De la vigilance, mais pas d'alarmisme. Grand consommateur de carburant, le secteur du transport, qu'il s'agisse de convoyer des marchandises ou des voyageurs, se dit à l'abri du risque de panne sèche, en tout cas à court terme. Lundi, trois fédérations patronales du transport routier (la FNTR, l'Unostra et TLF) avaient pourtant diffusé un communiqué témoignant de leur inquiétude. « Si nous ne roulons pas... la France s'arrêtera », écrivaient-ils, ajoutant : « La situation se dégrade à une vitesse folle. La marge de manoeuvre dans cette configuration est estimée, selon les régions, à 24 heures-48 heures-72 heures ».

Alimenter les cuves

Mais « depuis hier, ça va mieux, avance Yves Fargues, président de TLF, car le gouvernement a fait débloquer certains dépôts. Il faut que cela continue. Les salariés du transport routier ne sont pas en grève et quand ils ne sont pas bloqués par des barrages tenus par des permanents syndicaux, ils circulent ! ». Les camionneurs sont peu pénalisés par les files d'attente monstres aux stations-service, ajoute le responsable, car 80 % d'entre eux s'approvisionnent à des cuves situées dans leur entreprise et ravitaillées par des grossistes.

Chez les grands opérateurs de transport public, le passage à la pompe est encore plus rare, et la problématique est d'assurer l'alimentation des cuves installées dans les dépôts de bus. « Une cuve pleine permet de tenir une dizaine de jours et nous les avons fait remplir dès que les menaces de grèves ont été connues », explique Frédéric Baverez, directeur exécutif France de Keolis. Le groupe « a été approvisionné sans problème jusqu'à mardi, parfois en acceptant de payer un peu plus cher dans l'Ouest », appuie Frédéric Baverez.

Embouteillages à l'entrée des stations-service

« Nous avons de l'autonomie jusqu'à la semaine prochaine, détaille de son côté François Chiron, directeur adjoint France de Transdev, en charge du Nord du pays, et d'autres approvisionnements sont prévus d'ici à vendredi. Nous avons une cellule de crise qui s'occupe de trouver des fournisseurs. Cela prend plus de temps que d'habitude, mais nous ne sommes pas en risque. Pour nos réseaux de bus [à Rouen, au Havre, NDLR], le principal problème réside plutôt dans les embouteillages à l'entrée des stations-service, qui perturbent la circulation. »

Les principales victimes sont finalement à chercher chez les clients des loueurs de voiture, qui se trouvent dans l'incapacité de la rendre avec le réservoir plein, ce qui les expose à des surcharges importantes.

Lionel Steinmann[1] 

References

  1. ^ @lionelSteinmann (twitter.com)
  2. ^ (twitter.com)

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/021961676566-penurie-de-carburant-pas-daffolement-dans-le-secteur-du-transport-2000915.php

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