Polémique autour de la privatisation de l’aéroport de Lyon

Les Echos Les Echos - il y a 17 mois

Laurent Wauquiez veut faire annuler le processus qui a attribué les parts de l’Etat au consortium emmené par Vinci. Emmanuel Macron lui répond que le cahier des charges a été respecté, dans un entretien au quotidien régional « Le Progrès ».


Le gouvernement n'aura donc pas réussi à désamorcer toute polémique sur la vente par l'Etat de ses participations majoritaires dans les aéroports de Lyon et de Nice, annoncée ce jeudi[1] . Echaudé par celle qu'avait suscité la cession de ses parts dans l'aéroport de Toulouse[2] à des Chinois, il aura pourtant pris ses précautions, affirmant avoir étudié tous les potentiels conflits d'intérêts[3].

En attribuant l'aéroport de Nice à un consortium[4] italien, il s'est assuré le silence de Christian Estrosi, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), qui pendant le processus d'appel d'offres avait fait savoir bruyamment qu'il considérerait comme un « casus belli » la désignation du consortium emmené par Vinci, actionnaire minoritaire[5] du groupe ADP[6].

Recours[7] devant le tribunal administratif

C'est finalement sur le dossier de Lyon que les choses coincent. Dès l'annonce du résultat des courses qui a vu Vinci l'emporter à Lyon, avec la Caisse des dépôts et Predica (Crédit Agricole), le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a annoncé son intention, avec le Département du Rhône, d'intenter une action en référé devant le tribunal administratif de Paris visant à annuler le processus de privatisation. L'élu critique le fait que le deuxième tour prévu pour l'examen des six candidatures n'ait pas eu lieu et que la décision finale se soit résumée à un choix entre Vinci et l'Australien Macquarie.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron n'a pas tardé à réagir dès ce vendredi matin dans un entretien publié dans le quotidien régional « Le Progrès ». « Ce cahier des charges, nous l'avons respecté », affirme-t-il, ajoutant « qu'il y avait un écart de plus de 30% entre les prix (très proches) proposés par les deux finalistes et le prix plus élevé proposé par les quatre autres candidats. » De fait, insiste Emmanuel Macron, « ces quatre autres candidats ne satisfaisaient donc pas à l'ensemble des critères posés par le cahier des charges, et n'étaient pas en mesure de rattraper leur écart sur le critère prix lors du troisième tour. » Il souligne enfin que le choix de Vinci « a été fait en accord avec les collectivités qui ont pu analyser les offres des deux finalistes et les auditionner ».

Vinci pas concerné

De son côté, l'heureux élu, le groupe Vinci s'est déclaré, par la voix de son PDG[8] Xavier Huillard, à l'occasion de la présentation des résultats semestriels ce vendredi matin, « honoré d'être pressenti pour exploiter Lyon-Bron et Lyon Saint-Exupéry ». Interrogé sur les déclarations de Laurent Wauquiez, le patron du groupe de BTP et de concessions a dit « nous ne nous sentons pas visés », le recours évoqué portant sur la procédure elle-même. Quant à un éventuel conflit d'intérêt du fait de la position de Vinci comme actionnaire du groupe ADP, Xavier Huillard a souligné que s'il avait dû être soulevé, il aurait dû l'être encore davantage à Lyon qu'à Nice, compte tenu de la proximité géographique, mais que la position d'actionnaire « ultra-minoritaire » du groupe gérant Paris Aéroports et une gestion « totalement indépendante » ne soulevait aucun problème.

Augustin de Romanet, le PDG du groupe ADP, a d'ailleurs remarqué, en marge de la présentation de ses propres résultats, que si le nouveau concessionnaire entendait faire des aéroports de Lyon un « hub » concurrent de la capitale, Paris Aéroports ferait tout pour emporter la compétition. Sachant que la privatisation du groupe ADP n'est pas pour demain, puisqu'on rappelle à Bercy qu'il faudrait un nouveau véhicule législatif, la question du rôle futur de Vinci sur ce dossier n'est pas près d'être tranchée.

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References

  1. ^ annoncée ce jeudi (www.lesechos.fr)
  2. ^ l'aéroport de Toulouse (www.lesechos.fr)
  3. ^ Définition de Conflits d'intérêts (www.lesechos.fr)
  4. ^ Définition de Consortium (www.lesechos.fr)
  5. ^ Définition de Actionnaire minoritaire (www.lesechos.fr)
  6. ^ Définition de ADP (www.lesechos.fr)
  7. ^ Définition de Recours (www.lesechos.fr)
  8. ^ Définition de PDG (www.lesechos.fr)

Source : http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0211169657857-polemique-autour-de-la-privatisation-de-laeroport-de-lyon-2017744.php?vdiJAyi12OC1EjLw.99

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