Les régions aux commandes de la mobilité quotidienne

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Via Réunir Via Réunir - il y a 10 mois

RÉUNIR, représenté par le directeur général du réseau Eric Ritter, a rencontré mardi 23 août 2016, Michel Neugnot, Président de la commission Transport de Régions de France et premier Vice-président en charge des finances, des ressources humaines, des déplacements et des intermodalités de la Région Bourgogne Franche-Comté.

Les principaux enjeux des régions, que ce soit la réforme ferroviaire d’une part ou le transfert de compétence dans le domaine du transport routier, d’autre part, provoquent un « changement de paradigme », selon l’élu de Bourgogne Franche-Comté. Avec un premier cap à franchir en 2017 : la mise en œuvre du transfert de la compétence proprement dit, suivi de la mise en musique du volet intermodalité au sein du SRADDET. 

Les discussions entre les départements et la région, en particulier sur l’organisation des transports scolaires, sont engagées par chaque région. 

« Avec le triptyque Développement économique - Formation - Mobilité, les régions préparent, à horizon de fin de mandat, un « nouveau paysage » dans lequel les services publics côtoieront les services offerts au public (autocar des lignes librement organisées, covoiturage, etc.), avec, comme priorité, une approche orientée vers la réponse aux besoins de mobilité des voyageurs. 

Après plusieurs réformes, la Loi Notre marque un véritable « changement de paradigme » pour les régions : elles ne sont plus principalement en charge des trains régionaux mais elles vont devoir intégrer dans leur offre les services effectués par autocars avec la ferme volonté de favoriser l’intermodalité, et ce, à l’aide d’une nouvelle approche qui va bien au-delà du développement des autocars régionaux (sous marque TER). 

« Même si le texte n’a pas été jusqu’au bout de sa logique, notamment en ne transférant pas les routes à la région,  il opère un tournant historique dans les transports, la Région devient l’opérateur global dans la gestion des transports », explique Michel Neugnot.


Régions de France mise tout d’abord sur la concertation

Avec les départements tout d’abord pour la mise en œuvre des transferts de compétences (à préparer pour janvier 2017 pour les transports interurbains et pour septembre 2017 pour les transports scolaires) et avec les intercommunalités et autres métropoles, interlocuteurs naturels des régions. Mais la loi a aussi doté les régions d’un nouvel outil prescriptif : le schéma d’intermodalité piloté au niveau régional a vocation à donner le ton d’une politique résolument tournée vers une offre complète au sein de laquelle l’autocar aura toute son importance. « Notre analyse part du service pour identifier le moyen et non l’inverse. Là où il faudra des services par autocars, nous les mettrons en place ». 

Faire plus à moyens constants en revoyant par exemple l’organisation des services scolaires : harmonisation des dessertes d’établissements, aménagements des heures d’entrée et de sortie des élèves afin d’optimiser le système. « Une rationalisation des transports scolaires est nécessaire. Ne serait-ce que pour tendre vers le temps complet dans le TRV (Transports Routiers de Voyageurs). L’objectif d’économies aussi motive notre réflexion ».


Faire vivre la concurrence

Eric Ritter insiste sur la nécessité d’avoir une vraie réflexion sur les appels d’offres afin de permettre aux PME dont REUNIR défend les intérêts de présenter la meilleure offre et en particulier sur la manière de faire vivre la concurrence tout en permettant à ces entreprises d’accéder à la commande publique : l’allotissement. Le transport scolaire tel qu’il est pratiqué construit le service sur du temps partiel pour les salariés qui n’est pas toujours choisi, mais subi (une synergie apparaît de manière évidente entre les compétences transport de la Région et ses compétences dans les domaines de l’innovation et de la formation).

 Il revient sur les efforts engagés par REUNIR pour par exemple offrir aux AOM (Autorités Organisatrices de la Mobilité) les services qu’elles attendent en matière d’information voyageurs ou de régulation.  « Ce sont des dimensions que nous avons intégrées », répond Michel Neugnot. Et d’évoquer précisément la concertation qui devrait permettre une plus grande efficacité de l’organisation du service public.


Le schéma d’intermodalité

Autre outil offert par la nouvelle donne : le schéma d’intermodalité qui place les intercommunalités comme interlocuteurs naturels des régions. « Nos concitoyens attendent de l’efficacité, du service, de l’harmonisation tarifaire, une meilleure information unifiée afin de faciliter leurs déplacements ». Sans oublier les gares routières, « la façon d’envisager les gares routières qu’elles soient ferroviaires ou routières est complétement à revoir : il s’agit de créer des pôles d’échanges multimodaux plus modernes ». Par exemple, en favorisant la dématérialisation de la réservation et de la vente des billets. « La présence humaine dans les gares reste néanmoins nécessaire, mais de manière repensée », déclare Michel Neugnot après un bref échange sur les développements des autocars Macron. «Régions de France n’y est pas hostile par principe ».


Vers une mobilité connectée

Le ton est donné, les régions misent sur une mobilité connectée. « Le point crucial c’est l’information » répète-t-il. Pour cela, les autorités organisatrices prennent la main, ou s’engagent. Les entreprises de transport doivent suivre l’évolution. En matière de SAEIV (systèmes d’aide à l’exploitation et à l’information voyageurs) par exemple, permettant de géolocaliser les véhicules et de réguler l’exploitation tout en offrant une information en temps réel aux voyageurs via les abris bus ou encore des applications web. « C’est particulièrement vrai pour des services périurbains, mais cela peut/doit devenir un standard ». Maîtriser l’information voyageurs apparaît comme un des objectifs stratégiques des régions.


Des initiatives pour les carburants alternatifs 

Côté innovation, Régions de France n’est pas en reste et s’intéresse de près aux véhicules propres. Les nouvelles énergies sont au cœur des réflexions de la Région Bourgogne Franche-Comté, qui identifie un rôle incitatif fort des régions en la matière, tel que le GNV (Gaz Naturel pour Véhicules). D’ici 2050, les autocars pourraient utiliser 50% d’énergie renouvelable grâce au développement massif du bio gaz. En Région Bourgogne Franche-Comté, « des aides seront mises en place pour les entreprises de transport : gratuité de la carte grise pour les véhicules roulant au GNV ou encore des aides à l’investissement seront proposées. », a pu conclure Michel Neugnot.

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