A Alençon, Réunir concrétise ses intentions

Mobilettre Mobilettre - il y a 12 mois

L’exploitation des grands réseaux urbains français est majoritairement confiée aux grands groupes de transport public et à des régies. Seuls les réseaux de petites villes, voire de quelques villes moyennes, sont confiés à de petites entreprises indépendantes, qui misent sur leur souplesse et leur implantation locale. A Bagnoles de l’Orne ou La Tranche-sur-Mer, la taille n’est pas forcément attractive pour les grands groupes.

En délogeant Keolis de la DSP d’Alençon, les autocars Boubet réussissent une belle opération. Ils prouvent qu’au-delà du prix, les transporteurs locaux peuvent être compétitifs sur des réseaux somme toute conséquents: 36 véhicules circulent dans la préfecture de l’Orne pour 3 lignes urbaines cadencées, 19 lignes scolaires, 10 lignes de transport à la demande et un service PMR.

Mais à y regarder de plus près, cette victoire s’explique aussi par l’appui technique et l’expertise dont ont bénéficié les Autocars Boubet auprès de Réunir. La stratégie mise en place il y a un an par le nouveau délégué général Eric Ritter, après son départ de la FNTV, consistait à internaliser certaines compétences (exploitation, graphicage, projet…) afin de mieux assister ses adhérents dans les procédures d’appels d’offres. «L’idée est de faire du sur mesure, nous explique Eric Ritter, rien n’est trop bon pour l’autorité organisatrice mais dans une logique d’adéquation aux moyens. Les entreprises de l’interurbain savent très bien le faire, mais pour être crédible dans l’urbain il fallait les aider à la fois sur le plan technique et dans la phase de mise en place, jusqu’à l’assistance en cours de contrat et pour le recrutement du directeur de réseau.»

D’autres cibles, petites et moyennes agglomérations, seraient actuellement dans le viseur de Réunir, qui entend renforcer son rôle d’appui intégré en mutualisant le meilleur des compétences.

COMMENTAIRE

Les petits se rebiffent

Les grands opérateurs ont beaucoup capitalisé sur leur capacité à faire bénéficier des réseaux modestes de leur expertise globale, de leurs capacités d’innovation acquises en France et dans le monde. Tant d’élus se sont vus transportés dans une autre dimension à l’aune des possibilités que leur faisaient miroiter leurs interlocuteurs: mobilités alternatives, informations en temps réel, digitalisation…

La crise aidant, les budgets se sont rétrécis. Surtout, nombre de demandes émises par les autorités organisatrices ne sont plus inaccessibles à des opérateurs locaux qui peuvent grâce à une diffusion plus rapide des innovations se mettre au goût du jour. Résultat, la recherche très contemporaine de la proximité, voire de l’authenticité locale, rivalise avec le sérieux et le professionnalisme des grands opérateurs, qui insistent pourtant beaucoup sur leur adaptation aux réalités locales.

Ce retour en grâce du local est pourtant bien davantage le résultat d’une adaptation à vitesse des PME, renforcés par le recours à des expertises externes, qu’un réflex autarcique. Ls grands groupes, qui sont confrontés à des problèmes récurrents de management de leurs réseaux et de leurs ressources humaines, doivent le prendre en considération.

Avec l'aimable autorisation de Mobilettre

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