Alstom-CarPostal: le télescopage

agefi.com, le site de L'Agefi agefi.com, le site de L'Agefi - il y a 9 mois

Le plan de sauvetage d’Alstom Belfort ? Un million d’euros par emploi en sursis. Même le quotidien Le Monde, réputé proche à très proche de la gauche socialiste française, reconnaît dans un éditorial qu’il s’agit d’une aberration.


Le plan de sauvetage d’Alstom Belfort ? Un million d’euros par emploi en sursis. Même le quotidien Le Monde, réputé proche à très proche de la gauche socialiste française, reconnaît dans un éditorial qu’il s’agit d’une aberration. Des titres comme Libération ou L’Humanité sont aussi très sceptiques. Il y a un moment où les commandes d’Etat pour sauver des emplois deviennent incompréhensibles. Electoralisme ou pas.

Il ne s’agit d’ailleurs plus d’une question classique d’intervention conservatrice dans des logiques industrielles de renouvellement. Si la France ne veut pas comprendre qu’il est malsain d’entraver la destruction créatrice nécessaire au développement économique, tant pis pour elle.

Ce sont plutôt les justifications juridiques acrobatiques permettant d’affirmer que le sauvetage de Belfort n’est pas vraiment une distorsion de concurrence qui laissent pantois. Il y a des règles à l’échelle mondiale et européenne concernant les marchés publics. N’importe quel Etat de l’Union eût été remis à l’ordre immédiatement. La France pas, parce qu’il s’agit de la France et qu’un recadrage venant de Bruxelles donnerait aussitôt des ailes au Front national (hantise numéro un depuis le référendum britannique de juin dernier). Voilà à peu près où l’on en est.

Vu de Suisse, il est tout de même difficile de ne pas rapprocher l’épisode Alstom des nouvelles récentes concernant CarPostal et son importante filiale française. Condamnée ces derniers jours à Lyon pour concurrence déloyale (recours en préparation). CarPostal France obtiendrait des lignes grâce à une aide financière indirecte de son actionnaire La Poste Suisse. C’est-à-dire la Confédération. Toutes les filiales étrangères de tous les groupes industriels et de services n’achètent-ils pas leurs parts de marché grâce à l’aide financière de leur maison-mère ? Pas en France apparemment.

La motion du conseiller national genevois Barazzone demandant il y a plus d’un an  une réévaluation des activités de CarPostal en France devrait être bientôt débattue à la Chambre des Cantons. Ce qui s’est passé ces derniers jours donne évidemment un éclairage complémentaire. La France continue d’user et d’abuser de sa chère et imprévisible raison d’Etat. Il serait de toute évidence déraisonnable d’y poursuivre un plan de croissance reposant sur des marchés publics.

François Schaller

Source : https://www.agefi.com/quotidien-agefi/une/detail/edition/2016-10-06/article/alstom-carpostal-le-telescopage-437291.html

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