Les autocars Macron mordent sur le train

Mobilicités Mobilicités - il y a 14 mois

L’Arafer a publié, le 7 novembre 2016, son premier rapport annuel sur le marché du transport par autocar et gares routières. Globalement, entre les cars Macron et les cars conventionnés, chacun a trouvé sa place. En revanche, entre les trains et les autocars, la question est plus complexe, souligne cette étude aux données encore incomplètes.

Un outil pour permettre aux collectivités, et en particulier aux nouvelles Régions, de piloter leur offre de mobilité. En clair, un moyen d'arbitrer entre une liaison TER et ligne d'autocar. C’est ainsi que l’Arafer présente son "Rapport annuel sur le marché du transport par autocar et gares routières", le premier du genre – encore imparfait – publié le 7 novembre 2016, porte sur la période d’août 2015 au 30 juin 2016.

Globalement, le régulateur se félicite du "fort développement" des autocars Macron : 200 villes reliées, avec plus de 1000 liaisons dont près de 50 % n’ont pas d’alternative, 40 millions d'euros de chiffre d'affaires générés, 1350 emplois créés et 3,4 millions de voyageurs transportés sur la période (en cumulé, on a dépassé les 5 millions cet automne).

En face, les autocars TER et les lignes routières régionales conventionnées, ce sont 22 000 liaisons intercommunales qui desservent 3200 communes, hors autocars départementaux. L’Arafer n’a pas pu approfondir le sujet car elle n’a pas reçu à temps les données demandées aux autocaristes de la FNTV. Ils disposent d’un délai jusqu’au 31 décembre 2016.


"Peu de services doublonnent" 

Le régulateur estime qu’entre les cars Macron et les autocars subventionnés qui forment "deux réseaux de taille très différente", chacun a à peu près trouvé sa place : la longueur moyenne des lignes conventionnées est "de 28 kilomètres contre 238 kilomètres pour les autocars Macron". Les premières sont à 93 % infrarégionales, les secondes à 26% seulement.

Les cas de chevauchements sont rares – "peu de services (…) doublonnent" – et mettraient donc peu en péril les finances des Régions qui subventionnent le fonctionnement des cars TER : "seule une quarantaine de liaisons font l’objet d’une double desserte par autocar subventionnés et des cars Macron", note le rapport, soit 3,7 % de l’offre libéralisée et 0,2% de l’offre conventionnée.

Au total, sur ces liaisons routières en concurrence, 190 000 voyageurs ont emprunté un autocar Macron depuis la libéralisation du marché.


Un manque de données ferroviaires 

Et quid des rapports entre les autocars Macron et le train ? Sont-ils aussi harmonieux ? Cette nouvelle offre routière prend-elle de la clientèle aux trains longue distance de la SNCF ?

Par rapport à l'offre ferroviaire existante de 45 000 liaisons ferroviaires desservies par TER, "160 sont également desservies par un autocar Macron, soit moins de 0,5 % de l'offre TER et 14,8% de l'offre libéralisée". Près de 560 000 passagers ont voyagés sur ces liaisons autocars. On voit donc qu'en nombre de dessertes, l'impact est un peu plus important que sur les lignes d'autocars subventionnées. On imagine que l'impact financier est un peu plus élevé sur les finances des Régions, le coût de fonctionnement d'un train étant supérieur à celui d'un train.


Un impact certain sur le train 

L’Arafer a l’intuition que l'impact des cars Macron sur les TGV et TET existe. Sur cette même période de l’étude, "près de 86% des personnes qui ont emprunté un autocar Macron ont effectué des liaisons moyenne ou longue distance également desservies par train, TGV (2 millions de passagers sur 223 liaisons concernées) ou Intercités (1,6 million sur 174 liaisons concernées).

Seul problème, "nous manquons d’éléments pour aller plus loin, car la SNCF traîne les pieds pour nous transmettre ses données", regrette Bernard Roman, président de l’Arafer. Il espère vivement que ses services disposeront d’informations exhaustives pour le cru 2017.


Les "liaisons courtes" peu affectées 

Quant aux liaisons inférieures ou égales à 100 kilomètres – d’août 2015 à juin 2016, 171 déclarations ont été déposées dont 70% susceptibles de faire concurrence à des offres conventionnées –, l’Arafer estime qu’elles percutent peu l’offre conventionnée.


En effet, ces offres se distinguent de celles conventionnées à plusieurs égards :

• une fréquence hebdomadaire plus faible, dans un rapport de 1 à 16 ;

• près de trois fois moins de sièges offerts par trajet ;

• un temps de parcours significativement plus élevé, 19 minutes en moyenne pour une durée de trajet de 1h16;

• un risque d’irrégularité important compte tenu de la longueur moyenne de 600 kilomètres du trajet des autocars Macron.


A ce jour, l’Arafer a rendu 21 avis favorables et 66 défavorables. Sept font l’objet d’un recours devant le Conseil d’État.

Néanmoins, tous ces chiffres sont à relativiser car demander une ligne est une chose, l’exploiter une autre. "Au 30 juin 2016, sur les 67 liaisons autorisées de moins de 100 kilomètres, seules 9 faisaient l’objet d’une commercialisation pour moins de 1500 passagers transportées", une autorisation étant valable un an. "En fait, les opérateurs prennent leur marque et occupent le terrain", résume Bernard Roman.


Marc Fressoz

Source : http://www.mobilicites.com/011-5568-Autocars-Macrons-ils-cohabitent-avec-les-cars-subventionnes-mais-empietent-sur-le-train.html

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