Noyon : un bus électrique en ville, l’idée avance

Le Courrier picard Le Courrier picard - il y a 13 mois

Et si un bus électrique faisait son apparition le long des trois lignes de transport urbain de Noyon ?

L’idée n’a rien de saugrenu : Paul-Valéry Gailliot, le directeur de Noyon Cars, prestataire depuis la création du service en 2008, se dit en pleine «  phase de réflexion  » à propos de l’achat d’un tel véhicule. C’est en effet le moment : la Ville s’apprête à lancer un nouvel appel d’offres auprès des sociétés de transports, car l’actuel contrat public, signé en 2010, prendra fin l’an prochain. Or, Noyon Cars veut amplifier ses efforts de diminution des émissions de C02, entamés dès 2013 avec les premières formations de ses 20 conducteurs à la conduite écologique.

Munie d’un bus électrique de 12 mètres, l’entreprise noyonnaise passerait à la vitesse supérieure : «  Il s’agit pour le moment du seul type de véhicules grâce auquel on peut prétendre avoir une circulation propre, et ce n’est pas l’apanage des grands groupes. Dans les marchés publics, c’est même un argument, plaidePaul-Valéry Gailliot. Mais en France, seules deux lignes de bus, à Paris et à Marseille, sont actuellement en tout électrique. Cela représente encore un équipement onéreux, puisqu’il faut compter un coût de 30  % de plus  ».

« Ce n’est pas l’apanage des grands groupes »

Ce professionnel n’entend pas aller trop vite, lui qui avait eu l’occasion de tester des bus au moteur hybride avant de postuler au marché de service noyonnais pour la période 2010-2017 : «  Pour l’électrique, il faut des allures faibles, autour de 20 à 30 km/heure. Au-delà, le diesel prend le relais. Jusqu’à présent, c’est surtout pertinent dans les situations régulières d’embouteillages.  » Pour les trois lignes de bus noyonnaises, il faudra donc probablement patienter. Mais Noyon Cars a tout de même investi une deuxième fois, cette année, contre la propagation de gaz polluants par ses 17 cars, dont trois sont utilisés pour le transport urbain : durant trois jours, mi-octobre, 19 chauffeurs ont appris à être moins gourmands en consommation de carburant, via des tests sur un simulateur de conduite. Les mauvais réflexes traqués ? Le pied scotché à la pédale d’accélérateur, et les coups de frein trop nombreux. «  Ça nous incite à être plus en contrôle, à anticiper davantage. Le résultat est qu’il y a moins de stress pour nous, au volant, et les clients sont plus tranquilles », témoigne Jérôme, 37 ans, un salarié qui a eu droit à ses deux parcours de test dans le car-simulateur, d’abord seul, puis sous les conseils d’un formateur. «  Ce genre de rappel, ce n’est pas plus mal.  »

L’impact est réel, d’après le directeur : Paul-Valéry Gailliot a mesuré la consommation des bus conduits avant et après la première session de formation en éco-conduite, organisée voilà trois ans. Résultat : «  Si je compare les chiffres de juin 2012 et juin 2016, les écarts en carburant consommé vont de 4 à 10 % selon les véhicules, relève-t-il. La différence la plus forte concerne les cars affectés aux transports scolaires, qui font 200 à 300 km par jour.  » Un constat bien dans l’air du temps.

Source : http://www.courrier-picard.fr/region/noyon-un-bus-electrique-en-ville-l-idee-avance-ia192b0n878706

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