Pourquoi et comment Blablacar dialogue avec les villes

Mobilettre Mobilettre - il y a 4 mois

Une nouvelle ère pour de nouvelles aires? La licorne française Blablacar, interrogée par Mobilettre lors du congrès 2016 de la FNTV, le 14 octobre dernier, clamait haut et fort sa résolution: «Nous voulons travailler avec les collectivités afin d’améliorer notre dispositif». Plusieurs grandes collectivités ont d’ores et déjà été contactées. L’objectif? Améliorer la pratique du covoiturage sur le terrain, notamment dans les points de prise en charge et de dépose, ces aires de zone dense convoitées par tous les opérateurs de transport… S’agit-il d’une manière de maintenir le niveau de croissance sur le territoire français? Une volonté d’amélioration continue des parts de marché? Une étape logique et naturelle de développement de l’activité de covoiturage? Romain Fau, Directeur France, Espagne et Belgique de Blablacar, s’est confié à Mobilettre.

Un gisement de données à valoriser. Blablacar c’est plus de 35 millions d’inscrits dans le monde, dont plus d’une dizaine uniquement France, et plus de 12 millions de voyages par trimestre. Devenu numéro un du covoiturage, la PME contrôle désormais 90% des marchés français, allemands et italiens. Par conséquent, elle possède des millions de données, qui lui permettent de très bien connaître le marché du covoiturage (cette position est sûrement unique). Il était donc temps de valoriser ces données…

- Blablacar à l’initiative. Voilà pourquoi elle a contacté plusieurs collectivités publiques en France, afin d’entamer des discussions. L’initiative vient bien de la PME, comme le confirme Romain Fau: «Nous n’avons pas eu de remontées des collectivités, c’est nous qui avons souhaité aller vers elles. Nous l’avons d’ailleurs également fait avec des opérateurs privés, comme Vinci pour le cas des autoroutes». Blablacar aurait ainsi contacté plus de 30 villes : «Notre méthode, c’est de leur expliquer le poids du covoiturage sur leur territoire, grâce aux données dont on dispose, puis d’évaluer les possibilités d’amélioration sur le terrain», précise le directeur France, avant d’ajouter: «Bien souvent les villes ne sont pas conscientes de l’ampleur de ces pratiques sur leur propre territoire».

·  Une force de proposition plus qu’un partenariat. C’est un dialogue qui s’installe entre la PME et les différentes villes sollicitées. Blablacar propose des solutions, tout en étant consciente que les collectivités sont souvent limitées, notamment par le coût des infrastructures, pour agir: «Nous ne réalisons ni finançons aucun chantier, nous restons donc uniquement force de proposition: nous informons et suggérons». Les données mises en avant par la PME lui donnent une certaine légitimité pour influencer les collectivités, qui bien souvent n’en possèdent aucune. «Lorsque nous expliquons qu’il y a une centaine de départs depuis tel ou tel point, porte d’Orléans, la Mairie nous prête une certaine attention». Des données qui pourraient devenir de plus en plus précises, notamment grâce au dispositif de «zones de rencontre» expérimenté depuis peu par Blablacar sur son application. «Nous proposons, dans les grandes villes, des lieux prédéfinis, afin que la rencontre entre covoitureurs et covoiturés soit la plus simple possible». Cette utilisation fléchée de certains espaces publics se fait au bénéfice des citoyens, certes, mais elle génère aussi des plus-values pour un acteur privé…

·  Une complexité surtout dans les grandes villes. Pour entamer les discussions, Blablacar a choisi les 30 communes dans lesquelles les pratiques de covoiturage sont les plus massives, bien souvent des métropoles ou grandes villes. «Dans des villes de 10 000 ou 15 000 habitants, il est plutôt facile de se retrouver pour covoiturer. A l’inverse, dans des environnements denses, cela peut devenir très compliqué… imaginons par exemple la Porte Maillot à Paris!». La capitale fait d’ailleurs partie des villes ou les discussions sont les plus avancées, tout comme Toulouse (en région Occitanie), nous confirme Romain Fau.


·  Muscler le marché français? A ceux qui expliquent que Blablacar aurait atteint «le plafond de verre» en France, Romain Fau répond clairement: «Oui, notre croissance à l’échelle hexagonale est moins forte qu’auparavant. Néanmoins, pour certains déplacements, elle est loin de diminuer, à l’image des liaisons entre les villes moyennes. Relier une commune de 10 000 habitants en Bretagne à une autre de taille similaire au nord de Paris, sans Blablacar, c’est quasiment impossible». La PME apporte donc un service qui parfois n’existe tout simplement pas. «C’est sur ces milliers d’axes secondaires que l’on réalise encore de la croissance», conclut Romain Fau.

Source : http://www.mobilettre.com/

 

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