A Bayonne, Keolis en terre de conquête

Mobilettre Mobilettre - il y a 4 mois

C’est une première au Pays basque. Cela faisait seize ans que le réseau de l’agglomération de Bayonne (STAB, devenu Chronoplus en 2009) était exploité par Veolia ou Transdev. Mais la nouvelle DSP, qui débutera dès le mois d’avril 2017, devrait être attribuée officiellement à Keolis le 1er décembre prochain, à l’expiration du délai de recours légal. Un défi de taille pour la filiale de la SNCF, qui au-delà du passage de relais, devra surfer entre une recomposition institutionnelle imminente (janvier 2017) et la mise en œuvre d’un projet de BHNS qui patine depuis 2009.

Le groupe n’était quasiment pas présent en Aquitaine, mis à part à Bordeaux, ou il avait raflé le réseau TBM à Veolia-Transdev en 2008 et en Gironde où il exploite quelques lignes interurbaines. C’est donc une aventure en terre inconnue pour Keolis, dans un sud-ouest habitué à l’opérateur Transdev depuis de très nombreuses années. Celui-ci exploitait le réseau urbain de l’agglomération de Bayonne (Chronoplus), mais aussi la principale ligne du Département des Pyrénées-Atlantiques, entre Hendaye et Bayonne, avec sa filiale interurbaine ATCRB. En 2012, il avait même réussi à prendre le réseau urbain de Mont-de-Marsan, jusqu’alors en régie (très à la mode dans les Landes emmanuellistes).

Le choix de Keolis peut d’autant plus surprendre qu’il y a quelques mois encore, la seconde agglomération littorale (Sud Pays Basque) composée d’une dizaine de communes dont Saint-Jean-de-Luz et Hendaye, venait de lancer un tout nouveau réseau urbain. Baptisé Hegobus, ce dernier avait aussi été gagné par Transdev après une rude bataille avec Keolis ainsi qu’un opérateur local du groupement Réunir (le Basque Bondissant). Dans un contexte de création d’une collectivité unique au 1er janvier prochain, regroupant les actuelles agglomérations de Bayonne (Acba, agglomération côte basque Adour) et du Sud Pays Basque, beaucoup pensaient que les élus auraient jugé plus simple de choisir le même opérateur pour les deux agglomérations… mais encore aurait-il fallu le justifier.

Mais c’est donc bien Keolis qui a été choisi pour exploiter Chronoplus au sein de l’Acba. Durée du contrat: presque 7 ans (6 ans et 9 mois exactement), pour un montant global de 172 millions d’euros. Si l’exploitation de ce réseau de province plutôt classique ne devrait pas faire peur au leader français, c’est à une configuration politique particulière qu’il devra faire face. Comment les deux agglomérations vont-elles gérer leur fusion au sein d’une collectivité unique, avec deux opérateurs différents? Comment la gouvernance des transports urbains va t-elle évoluer avec un EPCI qui passe de 5+12 à 158 communes? Et surtout, comment le projet de BHNS (dit «Tram’bus») va-t-il voir le jour après d’incessants cafouillages depuis 2009 et les premiers coups de pioche?

Avec un budget de près de 25 millions d’euros par an, uniquement pour la DSP, et 130 millions qui devraient être investis sur le projet de «Tram’bus», le nouvel exploitant va devoir user de tous ses talents pour faire décoller les 4% de part modale qui collent à la peau du réseau depuis des années. Le matériel roulant électrique prévu dans le cadre du bus à haut niveau de service et l’amélioration qualitative des espaces publics contribueront peut-être à lui faciliter la tâche.


 

Source : http://www.mobilettre.com/

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