La Fnaut plaide pour une véritable complémentarité entre le train et l'autocar

Mobilicités Mobilicités - il y a 9 mois

L'association d'usagers se félicite du succès des cars Macron, mais s'inquiète de la concurrence frontale avec le train et prône, à la place, une complémentarité entre les deux modes. Ainsi, la Fnaut considère que la libéralisation du marché de l'autocar longue distance aura été "une réforme utile mais improvisée".

L'association d'usagers se félicite du succès des cars Macron, mais s'inquiète de la concurrence frontale avec le train et prône, à la place, une complémentarité entre les deux modes. Ainsi, la Fnaut considère que la libéralisation du marché de l'autocar longue distance aura été "une réforme utile mais improvisée".

 

La Fnaut n'a jamais caché qu'elle n'était pas favorable à la libéralisation de l'autocar longue distance, craignant que les cars Macron ne viennent "cannibaliser" le train. Ainsi, dix-huit mois après l'ouverture du marché, l'association d'usagers a souhaité tirer un premier bilan. Ces conclusions sont "positives mais avec des points d'attention", a déclaré Michel Quidort, membre des bureaux de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) et de la Fédération européenne des voyageurs (FEV) lors de la conférence de presse.

 

OUIBUS, un concurrent gênant

 

La Fnaut se félicite du succès populaire des autocars Macron – plus de 5 millions de voyageurs depuis août 2015. Surtout, 18% d'entre eux n'auraient pas voyagé, et 50% auraient utilisé leur voiture particulière ou le covoiturage.

 

S'appuyant sur les chiffres de l'Arafer publiés en novembre 2016, la Fnaut constate cependant que l'autocar fait concurrence aux Intercités et aux TGV qui constituent, selon l'association, "l'ossature naturelle du système de transport interurbain et moyen de transport à rendement croissant et économe en énergie". Un succès qui, selon elle, sert "d'alibi pour accélérer réductions ou suppression de lignes ferroviaires régionales et nationales".

De plus, l'association d'usagers regrette que ce soit surtout la filiale de la SNCF, OUIBUS, qui se soit positionnée sur des liaisons bien desservies par le train, contrairement à ses concurrents, et en particulier à isilines (Transdev) qui a fait le choix de lancer plutôt des lignes transversales où les services ferroviaires sont moins pertinents.

 

Une demande de tarifs sociaux

 

En effet, la Fnaut considère que l'autocar doit être complémentaire du train et non venir le concurrencer. La Fnaut en profite pour réclamer la mise en place d'un tarif social pour les liaisons ferroviaires de grandes lignes afin que le prix ne soit pas un obstacle pour les ménages les plus modestes et que l'écart de tarifs entre les deux modes ne désavantage pas autant le train.

 

De plus, la Fnaut regrette que cette libéralisation de l'autocar longue distance ne se soit pas accompagnée d'une ouverture à la concurrence sur les Intercités et TER afin de donner au ferroviaire les mêmes chances. Enfin, la Fnaut déplore que la loi n'ait pas incité les compagnies d'autocar à se coordonner avec les services ferroviaires existants. Et de citer le cas de l'Allemagne où les quelques lignes exploitées en open access ont dû fermer à cause de l'ouverture du marché des autocars.

 

Des gares routières en suspens

 

"La revendication numéro un de la Fnaut, c'est l'intermodalité !", a insisté Michel Quidort. C'est pourquoi, l'association s'inquiète que la question des gares routières n'ait pas été traitée. L'association n'a cependant pas de religion sur qui doit les financer et les opérer : collectivités locales (ville ou Région), opérateur, structure dédiée type GIE... Bref, un bilan contrasté qui fait dire à la Fnaut que la réforme a été "utile" mais "improvisée".

 

La Fnaut est également attentive à la qualité de service proposée par les compagnies d'autocars, en particulier la ponctualité et son pendant, l'information voyageurs. Celle-ci est aussi attachée à la sécurité dans les cars comme aux arrêts et à la qualité de l'accueil (toilettes, accessibilité notamment). L'association d'usagers se félicite notamment que les compagnies d'autocar aient pris en compte les demandes des usagers d'assurer une bonne organisation des correspondances en cas de retard, sachant que 15% des voyageurs prolongent leur trajet en prenant un autre autocar.

 

Le droit des voyageurs en tête

 

Même si elle n'a pas été saisie – à ce jour – par des voyageurs, la Fnaut en a profité pour rappeler qu'elle défend les droits des usagers de l'autocar qui n'auraient pas obtenu satisfaction auprès des compagnies. Présente à la conférence de presse, la secrétaire générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), Ingrid Mareschal, a ajouté que sa fédération avait adhéré à la Médiation Tourisme et Voyages (MTV), destinée à régler les litiges éventuels enter les usagers et les opérateurs.

 

Et si aujourd'hui, le règlement européen 181/2011 applicable en France depuis le 1er mars 2013 sur le droit des voyageurs ne couvre que les trajets de plus de 250 kilomètres, la Fnaut travaille, au sein de la Fédération européenne des voyageurs, pour que ce seuil soit abaissé même si la distance moyenne parcourue par les usagers des cars Macron s'élève, en moyenne, à 342 kilomètres.

 

Florence Guernalec

 


Source : http://www.mobilicites.com/011-5640-La-Fnaut-plaide-pour-une-complementarite-entre-le-train-et-l-autocar.html

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