Pour le wi-fi à bord, l’autocar a un train d’avance !

Les Echos Les Echos - il y a 10 mois

Contrairement aux TGV de la SNCF, l’essentiel des «cars Macron» offrent aux voyageurs une connexion à internet. L’autocar contribue ainsi à réduire, en France, une triple fracture numérique.


La SNCF vient d'inaugurer sa ­première liaison TGV avec ­connexion wi-fi.[1] Une prouesse technologique ? Sans nul doute. Un vrai service pour ses usagers contribuables ? C'est certain. Une innovation majeure dans le transport longue distance ? Nullement. A partir d'août 2015, la libéralisation du secteur du transport longue distance permise par la «loi Macron»[2] a fait découvrir aux Français ce dont bénéficient depuis des années des millions de consommateurs dans d'autres pays européens : voyager à moindre coût et accéder à l'Internet, gratuitement... dans les autocars.

Dès le premier jour, le wi-fi gratuit est devenu une composante indispensable du service proposé par les opérateurs de lignes longue distance. Proposer un tel équipement découlait d'un raisonnement simple : pour rendre le car attrayant et compenser l'allongement de la durée du trajet par rapport à d'autres modes de transport, il était nécessaire de proposer un service supérieur sans en faire payer le prix à ­l'utilisateur.

Le wi-fi, la norme des «cars Macron»

Pour y arriver, c'est tout un écosystème industriel et technologique qui s'est mis en place. Des concepteurs de boîtiers wi-fi aux constructeurs d'autocars, des opérateurs télécoms aux installateurs de logiciels : des milliers d'emplois ont été créés et sont désormais pérennisés en Europe. Cela implique des investissements importants et constants de la part des acteurs du car longue distance, afin d'offrir un service en adéquation avec la demande, c'est-à-dire toujours plus exigeant.

Aujourd'hui, la connexion wi-fi 4G est devenue la norme des «cars Macron», permettant à tous les passagers de ­consulter simultanément les e-mails, d'écouter une playlist musicale, de regarder des vidéos, de maintenir une présence constante sur les réseaux sociaux... En un mot : un wi-fi de convenance. Et qui a permis aux acteurs en France de convaincre plus de 5 millions de passagers de leur faire préférer l'autocar.

Fractures numériques

Dans l'Hexagone, la réduction de la fracture numérique est un serpent de mer de toute politique industrielle et décentralisatrice, qui engage nécessairement sur un temps long, eu égard aux efforts à fournir pour faire de notre pays un territoire 2.0 homogène. La libéralisation a cela d'agréable qu'elle peut permettre de s'affranchir de ces contraintes. Comment ? En laissant à d'autres acteurs le soin d'apporter ce service d'information - que d'aucuns pourraient qualifier de public - au plus grand nombre, aux quatre coins du ­territoire.

A son échelle - de moins en moins modeste -, l'autocar contribue ainsi à réduire une triple fracture numérique. D'abord, une fracture numérique géographique, en refusant de voir s'instaurer une France connectée à deux vitesses : celle des dessertes à haute fréquence (comme Paris-Lyon) au détriment de certaines liaisons province-province. Que ce soit au départ de Brest ou de Tulle, le wi-fi est au rendez-vous, comme sur l'ensemble, des 1.310 liaisons et près de 210 villes qui composent le réseau français.

Ensuite, une fracture numérique sociale, en refusant de conditionner l'accès à Internet à une catégorie d'usagers. Pas de première ou de deuxième classe dans les cars : tout le monde bénéficie du même service. Enfin, une fracture numérique financière, en refusant de grever le budget des ménages : par des tarifs de billets accessibles, notamment pour les trajets internationaux. Et comme ces derniers sont toutes taxes et toutes connexions comprises, pas de risque de se retrouver en hors forfait une fois la frontière franchie.

Par l'anticipation des attentes des usagers pour une mobilité physique et connectée sans contraintes, le car longue distance a su imposer un standard de service aux autres modes de transport. A eux d'essayer de suivre le train en marche.


Yvan Lefranc-Morin
est directeur général de Flixbus France


References

  1. ^ sa ­première liaison TGV avec ­connexion wi-fi. (www.lesechos.fr)
  2. ^ la «loi Macron» (www.lesechos.fr)
  3. ^ Je contribue (lecercle.lesechos.fr)

Source : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0211600035004-pour-le-wi-fi-a-bord-lautocar-a-un-train-davance-2051418.php

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