En effet, depuis juin 2016, la RTM opère une ligne avec six bus 100% électrique fabriqués par l’espagnol Irizar. A ce jour, 82 000 kilomètres ont été parcourus avec ces véhicules et présentent une autonomie journalière située entre 120 et 150 kilomètres. "C’est un produit intéressant d’un point de vue technique avec peu de problèmes de maintenance et un confort apprécié des voyageurs et des conducteurs."
 
La régie marseillaise s’apprête à franchir un nouveau pas. Au printemps 2017, elle testera un Businova, un bus multi-hybride fabriqué par Safra. Celui-ci a la particularité de disposer d’une motorisation incluant trois sources d’énergie : thermique, électrique et hydraulique.
 
Enfin, elle devrait également mettre en service un bus 100% électrique fabriqué par le Chinois Yutong sur une ligne emblématique, la plus longue du réseau urbain, qui relie les quartiers nord de Marseille aux quartiers sud. Ce bus de 12 mètres sera intercalé avec des véhicules standards afin d'établir un comparatif technique des différentes motorisations.
 
Cette "électrification" du parc n’en est qu’à ses débuts : pour l’instant, seul 1,2% des 615 bus sont électriques. "Il existe encore des incertitude quant à l’industrialisation du matériel roulant et des infrastructures d’alimentation", rappelle Pierre Reboud.
 
Remise au pot des marges dégagées
 
En attendant la structuration de ce marché, la RTM poursuit ses investissements. En 2016, les marges dégagées inhérentes aux gains de productivité (environ 55 millions) seront consacrées au développement et à la modernisation du réseau. "D’ici à 2025, nous allons investir 200 millions d'euros", précise Maxime Tommasini, président du conseil d’administration de la RTM.
 
De l’argent qui sera notamment fléché au renouvellement des rames du métro, l’acquisition de nouveaux tramways nécessaires à l’extension de la ligne T3 et l’installation de portes palières en prévision de l’automatisation du métro.
 
"Les efforts consentis par le personnel pour améliorer la productivité ont permis de dégager ces marges de manœuvre. L’argent ainsi dégagé est mis à la disposition de la Métropole à l’heure où elle a défini son agenda de la mobilité [1][2]
et où les dotations de l’État sont en baisse", poursuit Pierre Reboud.
 
Renforcement de la lutte contre la fraude
 
En 2015, le résultat net de la RTM s’est élevé à 15 millions d'euros. Cette somme lui permet de limiter son endettement et de s’autofinancer. Dans le cadre du contrat qui la lie à la métropole Aix-Marseille-Provence (renouvelé en 2011 pour 14 ans), la RTM perçoit une rémunération forfaitaire de 340 millions, incluant les amortissements.
 
En 2016, la RTM a transporté 160 millions de voyageurs, soit une fréquentation en hausse de 1% par rapport à 2015. "Il s’agit de voyageurs qui ont payé leur titre de transport, souligne Pierre Reboud. En incluant les fraudeurs, nous sommes proches de 200 millions de passagers." A Marseille, la fraude représente une perte de recettes de 20 millions d'euros par an.
 
C’est pourquoi, la RTM est en train de peaufiner un nouveau plan de lutte contre la fraude qui sera mis en œuvre en mars prochain.
 
Christine Cabiron