Le vélo à la recherche de nouveaux services

La tribune La tribune - il y a 5 mois

Le Club des villes et territoires cyclables a organisé sa rencontre nationale le 23 janvier 2017 à Paris sur le thème de l'innovation digitale au service du vélo. L'occasion pour l'association de présenter les maquettes de trois services sélectionnés dans le cadre du programme DEFInnovation Mobilités actives lancé en partenariat avec la Fing et l'Ademe.

La rencontre nationale du Club était axée sur le "vélo 3.0" ou la place du vélo, qui fête cette année ses 200 ans, dans le paysage de la mobilité intelligente. L'association, présidée par Pierre Serne, en a profité pour présenter le programme DEFInnovations mobilités actives lancé voici deux ans en partenariat avec la Fing (Fondation internet nouvelle génération) et l'Ademe. L'objectif ? Inventer de nouveaux services autour du vélo qui seront créateurs d'activité et d'emplois.
 
A ce stade, les parties prenantes du programme ont présélectionné 
14 scénarios à l'issue d'un appel à idées pour retenir, au final, 3 propositions. Lors de la rencontre nationale du Club des villes et territoires cyclables le 23 janvier à Paris, les lauréats ont présenté les maquettes de service.
 
CycloHUB, porté par Natural idées et Cycl@Pas, propose de créer un mobilier urbain multiusage.  Outre la sécurisation et la recharge des vélos, le "hub" proposerait plusieurs services comme une cartographie de la ville avec les points d'intérêts et les stations de vélos sécurisées, un agenda des manifestations, une présentation des offres promotionnelles des commerçants, des casiers automatiques... Les cyclistes pourront réserver leur place via l'appli mobile Cycl@Pas. La cible ? Les adeptes du cyclotourisme mais aussi les cyclistes réguliers. Marie-Xavière Wauquiez, chef de projet chez l'incubateur Paris & Co, a cité l'exemple de la consigne urbaine installée à Saint-Mandé qui rencontre un succès auprès des commerçants dans la mesure où cela leur permet d'élargir leurs horaires d'ouverture.
 
Geovelo & Co, imaginé par Geovelo smartdata et Bus Cycliste Multimodaux, propose de créer une communauté d'entraide entre cyclistes – balades, stations, trajets, partage de services. Il s'agit notamment de réactiver la "vieille idée" des bus cyclistes où un guide équipé d'un drapeau et d'une veste de sécurité sécurise les trajets. Un concept né en 2005 qui n'a jamais pris... même si la transmission des compétences répond à un besoin. "Je crois davantage à l'accompagnement : le premier trajet est décisif pour les débutants"a commenté Mathieu Chassignet, ingénieur transports et mobilité à l'Ademe. Autre application de l'outil, collecter des données sur les flux de cyclistes pour les collectivités qui veulent optimiser leurs investissements dans les mobilités actives, et les entreprises pour faciliter la mise en place de leur PDE.
 
Veloptimo, présenté par Virez Vélo, AxESS'Cycle, Spartime et Velocomotion, propose de créer un service de partage de vélos entre particuliers. Le projet comprend le réaménagement des locaux à vélos et leur sécurisation, ainsi que la maintenance. Veloptimo compte mettre en place un système d'abonnement mensuel de 5 à 20 euros par mois selon le type de service. Une plate-forme numérique permettra de gérer le partage des ressources. "Cela permet d'élargir l'offre de location en libre-service avec un outil plus low tech et low cost que les systèmes de VLS" type Vélib',  a fait remarquer Mathieu Chassignet.
 
Il reste encore à ces trois maquettes de service de passer à la phase de test. En outre, les modèles économiques présentés qu'il s'agisse de financements publics ou privés envisagés, ne sont pas encore au point. "Une start-up est une entreprise qui cherche son business modèle. Je suis assez confiante pour l'ensemble des projetsa commenté Marie-Xavière Wauquiez. "Il faut maintenant confronter ses projets au réel et aux usagesa conclu Mathieu Chassignet. Il est important d'évaluer ce qui va être fait, ce qui a fonctionné comme ce qui a échoué."
 
Avis aux territoires qui souhaitent expérimenter ces projets.

Florence Guernalec
 
 

Les déconvenues politiques de Pierre Serne en 2016
 
Le président du Club des villes et territoires cyclables, Pierre Serne, a ouvert la rencontre 2017. L'occasion de faire le bilan de l'année écoulée. Il est notamment revenu sur la suppression des subventions à trois associations qui font la promotion du vélo : "Quel signal catastrophique un an après la COP21 accueillie par la France ! Après les engagements de la loi transition énergétique, l'engagement d'un plan d'action pour les mobilités actives – le PAMA – deux ans plus tôt et la promesse d'un PAMA 2 !"
 
L'autre sujet de fâcherie porte sur l'exclusion du vélo à assistance électrique (VAE) du bonus écologique. Il a regretté, en particulier, que Bercy n'ait pas pris en compte 
l'étude d'évaluation sur les services vélos de l'Ademe de septembre 2016. Il a constaté que dans le même temps, le ministère de l'Économie a accordé un bonus écologique à hauteur de 1.000 euros pour les deux-roues électriques sans avoir évalué l'efficacité de cette mesure.
 
Ainsi, le Club des villes et territoires cyclables a décidé d'interpeller les candidats à la présidentielle et a annoncé qu'elle allait les interviewer : "De 2017 à 2022, nous avons cinq années pour changer d'échelle et mettre enfin en œuvre une vraie stratégie nationale en faveur du vélo et des mobilités actives dans notre pays !"

F.G.

Source : http://www.mobilicites.com/011-5823-Le-velo-se-met-au-digital.html

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