Face au covoiturage et aux cars Macron, la SNCF lance une nouvelle offre pour les jeunes

La tribune La tribune - il y a 6 mois

Illustration : Pour s'attaquer au covoiturage, la SNCF, qui possède une filiale dédiée iDVRoom, plutôt destinée à des trajets quotidiens de type domicile-gare, a déployé un éventail d'offres à "petits prix". (Crédits : JACKY NAEGELEN)

Pour 79 euros par mois, les jeunes de 16 à 27 ans peuvent voyager de manière illimitée, dans 94% des trains, assure la SNCF.

La SNCF continue sa croisade contre la concurrence du covoiturage, et a annoncé mercredi le lancement d'un abonnement destiné aux jeunes de 16 à 27 ans. Valable sur la plupart des TGV et Intercités, il permet de voyager de manière illimitée moyennant un abonnement de 79 euros par mois. Avec cet abonnement baptisé TGVmax, la SNCF promet "100% des destinations TGV et Intercités, 100% des jours, sur 94% des trains". En effet, "les trains de très forte affluence, très prisés par les professionnels, ne sont pas ouverts". La SNCF précise que cet abonnement est mis en vente dès à présent, et que le nombre d'abonnements n'est pas limité. Contrairement à 2015, lorsque la compagnie avait mis en vente 10.000 abonnements illimités pour les iDTGV, baptisés iDTGVmax. Cependant, l'abonnement permettra de prendre des places en seconde classe uniquement, et pourra être résilié à tout moment après trois mois d'engagement.

"Et tout cela pour un prix mensuel qui sera moins cher... qu'un aller-retour Paris-Marseille en covoiturage", a souligné Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF, lors d'une conférence de presse ce mercredi. L'opérateur ferroviaire affiche ainsi clairement sa cible : le covoiturage.

Pour le concurrencer, la SNCF, qui possède une filiale dédiée iDVRoom, plutôt destinée à des trajets quotidiens de type domicile-gare, a déployé un éventail d'offres à "petits prix". Avec ce nouvel abonnement, la SNCF espère accroître la fréquence de déplacement des voyageurs mais également séduire une nouvelle cible : les jeunes, habitués à jongler entre les différents modes de transport qui s'offrent à eux. En revanche, au sujet du nombre d'abonnements qu'il espère vendre, l'opérateur ferroviaire botte en touche, évoquant "un maximum", sans plus de précision.

Récupérer des parts de marché au covoiturage

Rachel Picard a toutefois clairement expliqué qu'il s'agissait de "récupérer une partie des parts de marché" prises par le covoiturage. Et de poursuivre : "Notre vocation est d'être dans le marché de la mobilité. On le fait avec le TGV, avec Ouigo, qui fait grossir le marché, et avec Ouibus, pour aller sur un autre marché qui a grossi très vite".

Cependant, la SNCF n'évoque pas la concurrence des autocaristes, alors qu'un récent rapport de l'Arafer, le régulateur du rail et de la route, fait état d'un report non négligeable du covoiturage et du train vers le car : "Plus de 40% des voyageurs en autocar se sont détournés de la voiture, y compris du covoiturage. 37% ont préféré l'autocar au train (dont 24% au TGV et 29% pour les trajets de plus de 250 km), principalement pour des motifs financiers. Ce report de la voiture vers l'autocar frôle 60% pour les liaisons transversales de 100 à 250 km". 

Rachel Picard a seulement répondu : "Ouibus se porte très bien avec une part de marché de 40%".

Quoi qu'il en soit, ce que la SNCF présente comme "l'abonnement sans contraintes" relève plutôt d'un manque de flexibilité aux yeux d'Yvan Lefranc Morin, le DG France de l'autocariste allemand Flixbus, leader sur le marché français avec plus de 50% de parts de marché. "Si vous ne voyagez pas, vous payez quand-même", analyse-t-il. A cet argument, la SNCF répond que l'illimité est dans l'air du temps, qu'il s'agisse de la téléphonie, de la vidéo, de la musique, du cinéma ou encore du pass Navigo. Pour sa part, Yvan Lefranc Morin défend sa paroisse et l'attrait des autocars auprès de la jeunesse, qui n'a, selon lui, souvent pas une grande visibilité sur son planning. D'où l'intérêt de pouvoir réserver au dernier moment, ce qui est d'ailleurs l'un des arguments mis en avant par la SNCF : le besoin d'immédiateté des jeunes.

MOUNIA VAN DE CASTEELE

Source : latribune.fr
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