Calais va construire un bus à haut niveau de service

Mobilicités Mobilicités - il y a 11 mois

Renouvelé aux commandes des transports publics de Calais pour 11 ans, Transdev devra restructurer le réseau urbain en perspective du futur bus à haut niveau service. Ce nouveau contrat s’accompagne d’une nouvelle tarification et d’une extension du réseau à cinq communes supplémentaires. En 2025, l’offre kilométrique aura augmenté de plus de 13%.

"Le plan de déplacement urbain nous impose un report modal vers les transports en commun. Cette obligation nous a amené à prendre des décisions comme la construction d’un bus à haut niveau de service et la mise en place d’une tarification pour les jeunes", explique Philippe Mignonet, vice-président en charge des transports au sein de la communauté d’agglomération Cap Calaisis.
 
Depuis le 1er janvier 2017, les moins de 26 ans peuvent emprunter le réseau Imag’in avec un abonnement mensuel qui coûte 15 euros. "Nous voulons que les plus jeunes privilégient ce mode et le vélo plutôt qu’ils ne s’orientent dès qu’ils en auront l’âge vers la voiture".
 
La collectivité a souhaité aussi créer un carnet de cinq voyages et supprimer celui qui en comptait dix. "Celui-ci était peu utilisé car il fallait l’acheter dans les agences alors qu’il est désormais possible d’acheter le nouveau dans les bus. De plus, la notion de débours est moins importante."
 
Hausse des prix
 
Cette refonte de la tarification s’est parallèlement traduite par une augmentation du titre unitaire qui est passé de 1 à 1,20 euro et de l’abonnement tout public qui coûte désormais 30 euros contre 28. Une double raison a guidé ce choix : d’une part, les prix n’avaient pas été augmentés depuis dix ans ; d’autre part, pour financer en partie l’augmentation des coûts de fonctionnement inhérente à l’extension du réseau à cinq nouvelles communes.
 
Depuis le début de l’année, le réseau urbain dessert dix communes. "Cette compétence était très attendue par les nouvelles communes. Cela a d’ailleurs été un argument phare qui les a amenées à nous rejoindre. En effet, elles avaient la possibilité de s’associer avec une autre intercommunalité mais celle-ci n’était desservie que par du transport interurbain", indique le vice-président.
 
Extension du PTU
 
Cette extension du périmètre de transport urbain était inscrite dans le cadre de la nouvelle délégation de service public. Ce contrat a été attribué à Transdev (candidat sortant), jusqu’en 2028.
 
Cette durée de 11 ans permet à la collectivité de lisser les investissements notamment liés à l’acquisition de nouveaux véhicules et de réaliser le bus à haut niveau de service.
 
D’ores et déjà, quelques modifications ont été apportées au réseau urbain. La desserte des nouvelles communes s’effectue avec deux lignes circulaires à 15 et 30 minutes. "Quelques lignes ont été restructurées en prévision de l’arrivée du TCSP mais il n’y a pas de grands changements par rapport à l’offre de 2016", précise Alexandra Rivelon, directrice du Syndicat intercommunal des transports urbains de l’agglomération du calaisis (SITAC).
 
Il n’en demeure pas moins que l’extension du réseau représente un surcoût de fonctionnement de l’ordre de 12%.  Actuellement, les charges d’exploitation inscrites au nouveau contrat de DSP s’élèvent à 12,8 millions d'euros par an, tandis que l’engagement de recettes est de 2,161 millions.
 
6 km de couloir de bus
 
Des chiffres qui vont évoluer avec la mise en service du BHNS prévue en deux étapes : en 2020 et en 2025. Ce projet a pour objectif de relier rapidement deux quartiers prioritaires de la ville, ainsi que l’hôpital, l’EPHAD, une clinique, Pôle emploi, l’université et un éco-quartier. Un axe qui devrait être emprunté par 3.700 voyageurs par jour.
 
Cette infrastructure s’étendra sur près de 9 kilomètres (dont 6 en site propre) et comprendra 15 stations. Il sera également doté d’un pôle d’échanges multimodal principal à la gare SNCF (où sera construite la future gare routière) et de pôles secondaires vers lesquels seront rabattues les lignes régulières. Ce projet représente un investissement total de 43,3 millions d'euros, dont 3 millions seront destinés à l’acquisition de dix bus.
 
Augmentation de l’offre de 13%
 
Lors de la mise en service du BHNS, le réseau Imag’in s’articulera autour d’une ligne structurante, de deux lignes secondaires cadencées, de deux lignes circulaires, de trois lignes complémentaires, d’un service de transport à la demande et d’une navette de centre-ville.
 
L’offre kilométrique aura pour sa part augmenté de 13,3% par rapport à 2017 et représentera pour l’agglomération un coût de fonctionnement de 13,6 millions d’euros, en hausse de plus de 6%.
 
Pour sa part, Transdev s’est engagé à augmenter la fréquentation de 4,49%. Celle-ci s’est élevée à 4,6 millions de voyages en 2016. L’opérateur table de ce fait sur une hausse des recettes commerciales de 10,72% sur la période du contrat.
 
VLS et navette fluviale
 
La DSP intègre également deux autres services de mobilité : la location de vélos en libre-service (VLS) et une navette fluviale. Créé en 2010, le service de VLS s’appui aujourd’hui sur 39 stations et 260 vélos. En 2015, plus de 135.000 déplacements ont été réalisés avec ce mode.
 
Transdev gère également une navette fluviale organisée entre Calais et Coulogne. Avec cinq points d’arrêts, celle-ci effectue quotidiennement sept allers et retours. "Ce service, accessible avec la tarification urbaine est très utilisé par les Calaisiens pour se rendre à l’école ou au travail", affirme Philippe Mignonet.
 
L’ensemble de ces mesures visent à limiter la part modale de la voiture dans les déplacements à 52% (-3,7%), porter celle des transports publics à 7,7% (+50%) et celle du vélo à 6,6% (+100%).
 
Christine Cabiron

Source : www.mobilicites.com
Crédit : DR
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