Uber propose un chiffre d’affaires garanti aux chauffeurs VTC

Les Echos Les Echos - il y a 2 mois

Illustration : Les chauffeurs qui pourraient justifier d’un certain nombre d’heure de connexion et/ou de courses effectuées, et qui n’atteindraient pas un certain seuil de chiffre d’affaires mensuel, se verraient verser la différence par Uber. - Geoffroy Van der Hasselt /AFP

Les chauffeurs connectés 50 heures par semaine à la plate-forme se verraient garantir un chiffre d’affaires de 4.200 euros par mois. Plusieurs points de divergence subsistent avec les associations de chauffeurs.

Les contours du dispositif promis par Uber pour aider les chauffeurs VTC en difficulté se précisent. La semaine dernière, la société californienne s'était engagé à « un effort considérable pour garantir une meilleure rentabilité » aux chauffeurs à faible revenus, mais sans dévoiler les modalités, celles-ci « rest(ant) à définir ensemble dans les jours à venir ».

Depuis, Uber a précisé son projet auprès de Jacques Rapoport, le médiateur nommé par le gouvernement, qui a accepté de prolonger sa mission pour explorer cette piste de sortie de crise.

Selon nos informations, il reste hors de question pour Uber de toucher à sa politique tarifaire, ou de baisser le taux de commission de 25 % prélevé sur chaque course, ce qui est la principale revendication des associations de chauffeurs. Mais la start-up serait prête à garantir un chiffre d'affaires mensuel minimum aux VTC qui travaillent régulièrement avec l'application. Selon une source proche du dossier, l'hypothèse de travail serait un chiffre d'affaires de 4.200 euros mensuels, soit un chiffre d'affaires de 21 euros par heure en moyenne pour 50 heures de connexion par semaine. Les chauffeurs qui malgré ces 50 heures de connexion, n'atteindraient pas ce chiffre d'affaires minimum de 4200 euros, se verraient verser la différence par Uber.

Des conseils pour les chauffeurs en difficulté

A plus long terme, la société propose de mettre en place un accompagnement à destination des chauffeurs en difficulté. Ceux-ci seraient notamment conseillés pour réduire leur niveau de charges, qui peut varier du simple au double selon les cas. Ce double dispositif d'aide serait supervisé par une commission où seraient représentés les chauffeurs, et qui assurerait un fonctionnement transparent.

Avec cette proposition, Uber donne un gage de bonne volonté au gouvernement, et cherche à éviter « l'intervention législative » préconisée par le médiateur si les difficultés des conducteurs persistent. Le dispositif évoqué devrait également lui assurer la fidélité des chauffeurs, puisque qu'il reposerait sur le nombre de courses effectuées pour la plate-forme.

Uber table également sur une réduction au fil du temps de son effort financier, notamment parce que les conseils de gestion dispensés aux VTC précaires doivent leur permettre de sortir de l'ornière.

Frictions sur la composition de la commission

Rien ne garantit toutefois que ce système pourra faire l'objet d'un accord avec les associations de chauffeurs. Celles-ci ne sont pas en position de force, après le semi-échec de leur dernier appel à manifester place de la Bastille le 16 janvier. Elles ont donc indiqué au médiateur qu'elles étaient prêtes à travailler sur cette proposition, même si elles maintiennent l'ensemble de leurs revendications par ailleurs.

Mais les points de divergence risquent d'être nombreux, à commencer par le seuil de 4.200 euros, et le nombre d'heures de connexion requises pour être éligible au dispositif. Mais aussi, d'ores et déjà, la composition de la commission. Les associations de chauffeurs exigent d'y être représentées, alors qu'Uber, qui nie depuis le début du conflit la légitimité de certaines d'entre elles, veut procéder par tirage au sort parmi ses VTC utilisateurs réguliers de la plate-forme. Le médiateur devrait organiser une dernière réunion dans la semaine pour tenter de trouver un terrain d'entente.

Lionel Steinmann

Source : www.lesechos.fr
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