Le Vélib’ parisien prépare sa mue

La-Croix.com La-Croix.com - il y a 3 mois

Trois candidats sont en lice pour l’appel d’offres de la mairie de Paris. La nouvelle flotte comportera des vélos à assistance électrique.

Se déplaceront-ils pour l’occasion à bicyclette ? Les candidats à l’appel d’offres de la Ville de Paris doivent remettre aujourd’hui leur dossier pour le marché du Vélib’, le dispositif de vélos en libre-service (VLS) de la capitale. 

Car le contrat qui lie depuis 2007 la mairie et JCDecaux arrive cette année à expiration. Ce dernier est candidat à sa succession, allié à la SNCF et la RATP, face à Smoove, une PME de l’Hérault associée à Mobivia (Norauto), l’espagnol Moventia et l’exploitant de parkings Indigo. Le troisième groupement en lice est composé de SFR, Intermobility (opérateur de VLS en Suisse) et Tracetel. Le contrat représenterait plusieurs centaines de millions d’euros selon certaines sources.

21 000 bicyclettes contre 18 000 aujourd’hui

La prochaine flotte comportera des vélos électriques, qui pourraient représenter jusqu’à 30 % du parc. Et quand Vélib’ ne concerne aujourd’hui que Paris et les communes toutes proches, les stations de vélos vont pouvoir s’étendre à l’échelle de la métropole. Le prochain dispositif pourrait proposer plus de 21 000 bicyclettes contre 18 000 aujourd’hui.

Le modèle économique va aussi changer. Actuellement, JCDecaux fournit le service en échange du droit d’affichage publicitaire sur le mobilier urbain, tandis que Paris perçoit les recettes des locations et des abonnements. Le prochain contrat dissocie Vélib’ de la publicité.

Un rapport de l’Inspection générale de la Ville de Paris estimait en 2016 que « l’équilibre du contrat (...) est aujourd’hui en défaveur de la Ville ». Ce que conteste Albert Asséraf, le directeur général stratégie, data et nouveaux usages de JCDecaux, selon lequel la Ville a toujours été gagnante. « En 2016, elle a reçu plus de 20 millions d’euros et a été bénéficiaire de 5,5 millions d’euros. »

Le vol concernerait chaque année l’équivalent de 100 % du parc

Le critère du prix et la lutte contre les incivilités devraient être cruciaux. Le vol et le vandalisme sont en effet indemnisés en partie par la Ville de Paris, d’où un coût de plus de 1,5 million d’euros en 2015. Selon l’Atelier parisien d’urbanisme, une association créée par le Conseil de Paris, le vol concernerait chaque année l’équivalent de 100 % du parc, dont 91 % seraient retrouvés mais 27 % trop abîmés pour être réparés. 
« C’est un problème qui n’existe pas dans d’autres villes comme Brisbane en Australie, Dublin en Irlande, ou encore Mulhouse en France », relève Albert Asséraf.

JCDecaux vante son expérience de numéro un mondial du VLS et promet un programme innovant. De son côté, Smoove a remporté des contrats dans une vingtaine de collectivités. Des villes françaises comme Montpellier, mais aussi à l’étranger Moscou, Helsinki ou encore Vancouver…

Son PDG, Laurent Mercat, promet « des vélos quasi inviolables » et des innovations liées à l’électronique embarquée sur les cycles. Le trio SFR/Tracetel/Intermobility met pour sa part en avant son vélo connecté, celui de l’ère 2.0.

Michel Waintrop

Crédits photo : LUDOVIC MARIN/AFP

Source : http://www.la-croix.com/Economie/France/Le-Velib-parisien-prepare-sa-mue-2017-02-07-1200822947

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