Oise : le réseau de bus peine à recruter… et fait appel à d’anciens militaires

Le Parisien Le Parisien - il y a 3 mois

Illustration : Creil, ce mercredi. Eric Sohier a travaillé vingt-trois ans dans la gendarmerie avant de devenir responsable d’exploitation dans la compagnie de bus Keolis. LP/S.G.

Dans l'Oise, le réseau de bus peine à recruter et fait appel à d’anciens militaires.

Eric Sohier est un homme de terrain. Après vingt-trois ans dans la gendarmerie, il est entré comme chef contrôleur au sein des bus Keolis. C’était en 2002. L’homme de 57 ans est désormais responsable d’exploitation et gère soixante-dix agents dans l’agglomération de Creil. Un profil pas si particulier dans l’entreprise. Horaires contraignants, fraude, délinquance… le métier est exigeant et pousse la société à faire appel à d’anciens de l’armée et de la gendarmerie. Car les recrutements sont difficiles dans l’Oise.

L’an passé, 170 salariés sont venus gonfler les rangs de la compagnie, qui emploie 500 personnes dans le département. Parmi ces nouvelles recrues, plus d’une dizaine de retraités de l’armée. « Les bons candidats sont rares », concède Jean-Olivier Ehkirch, le directeur de Keolis Oise. Pour lui, les anciens militaires « sont des profils très appréciés, qui ont une expérience et le sens de la rigueur ».

Des postes pourtant ouverts à tous

Si les profils militaires sont particulièrement appréciés par Keolis, le recrutement est ouvert à tous. Environ 150 personnes devraient être embauchées cette année. Plusieurs types de postes sont proposés : conducteur, mécanicien ou encore agent administratif. Il n’y a pas de limite d’âge ni d’expérience. Il faut être titulaire du Permis D (bus) et d’avoir suivi et validé la formation FIMO-transport de personnes. « La ponctualité, l’assiduité et la courtoisie sont également des compétences non négociables », précise Keolis. Le salaire est 2 200 € brut par mois en moyenne pour un chauffeur, 2 300 € pour un mécanicien.

« Mon ancien statut me donne une certaine légitimité, assure celui qui a fini sa carrière militaire comme adjudant à la brigade de recherche de Chantilly. Quand on a géré des groupes d’enquête, cela facilite le management. L’important est d’être ferme tout en restant ouvert au dialogue. » Une expérience qui lui permet d’adopter les bons réflexes. Habitué aux thématiques sécuritaires, il a notamment pu mettre sa touche à la formation des contrôleurs, au renouvellement des caméras de vidéoprotection dans les bus et à un partenariat avec la police nationale. Mais pas seulement. « Quand il y a eu des débordements la semaine dernière dans le quartier des Cavées, à Creil, je me suis rendu directement sur place, décrit-il. Après analyse de la situation, j’ai pu décider de couper certains arrêts de la ligne pour ne pas mettre en danger les clients. »

Quant à la rigueur militaire, elle est essentielle pour le métier. Surtout pour commencer aux aurores, aux alentours de 6 heures du matin. Et finir à 18 heures. « Il y a une réelle capacité d’évolution en interne et des salaires corrects qui peuvent augmenter selon que l’on travaille de nuit ou le week-end », assure Jean-Olivier Ehkirch. Et une embauche directe peut être proposée, à temps plein ou à temps partiel, après une formation de seulement une semaine.

Simon Gourru

Source : http://www.leparisien.fr/oise-60/oise-le-reseau-de-bus-peine-a-recruter-et-fait-appel-a-d-anciens-militaires-22-02-2017-6702393.php

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