Le biogaz commence à décoller, 241 nouveaux projets d’injection sont recensés

La Croix La Croix - il y a 6 mois

Illustration : Creil, ce mercredi. Eric Sohier a travaillé vingt-trois ans dans la gendarmerie avant de devenir responsable d’exploitation dans la compagnie de bus Keolis. LP/S.G.

Le nombre de sites raccordés au réseau de gaz naturel à fortement progressé en 2016. Plus de 200 projets sont en cours de raccordement.

Un vent d’optimisme souffle sur la filière biogaz, aujourd’hui appelé gaz renouvelable ou gaz vert. À la fin 2016, la France comptait 26 sites d’injection sur le réseau, dont 9 ont été mis en service sur l’année, ce qui représente une progression de 53 %, selon le bilan dressé par le syndicat des énergies renouvelables (SER) et les gestionnaires de réseau, mercredi 22 février.

Au total, 215 gigawatt/heure (GW/h) ont été injectés sur le réseau de gaz l’an dernier, soit 0,05 % de la consommation française de gaz, ou encore l’équivalent de la consommation de près de 18 000 logements ou bus.

Beaucoup de projets dans la file d’attente

Le biogaz, ou biométhane, provient de la fermentation organique des déchets organiques, qu’ils proviennent d’exploitations agricoles (la majorité pour l’instant), des centres de traitement des ordures ménagères ou de stations d’épuration.

« Le gaz renouvelable s’installe durablement dans le paysage énergétique français », souligne Jean-Louis Bal, le président du SER. En tout, 241 nouveaux projets d’injection sont recensés dans la file d’attente de raccordement. Il faut en moyenne quatre ou cinq ans pour développer un projet.

L’objectif affiché par les pouvoirs publics dans la loi de transition énergétique est que le gaz renouvelable représente 10 % de la consommation française de gaz, avec une quarantaine de terrawatt/heure (TWh). Cela correspondrait à la production d’environ 1 500 installations. Un objectif qui semble toutefois difficile à atteindre, au rythme actuel.

La filière coche toutes les cases

De toutes les énergies renouvelables, le biogaz est pourtant celle qui suscite le moins de critiques. « Des projets se développent partout, quelle que soit la couleur politique des régions et la filière n’est pas soumise aux aléas des alternances », souligne Jean-Louis Bal.

La première région productrice de biogaz est pour l’instant les Hauts-de-France, devant Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté.

Un complément de revenus pour les agriculteurs

Plusieurs facteurs poussent à son développement. Cela représente un complément de revenus pour les agriculteurs, ce qui n’est pas non négligeable dans le contexte actuel. En termes d’aménagement du territoire, c’est également un moyen de revitaliser les campagnes, avec la création de 2 000 à 3 000 emplois non délocalisables à l’horizon 2020, affirment les professionnels.

C’est aussi un moyen de mettre du « vert » dans les transports avec les bus et camions qui peuvent rouler au biométhane carburant.

Dernier argument, et non des moindres, « la filière biogaz est déjà compétitive avec un tarif de rachat qui est 30 % moins cher que celui des autres énergies renouvelables », souligne Edouard Sauvage, directeur général de GRDF.

La complexité administrative reste un frein

L’optimisme ambiant se heurte malgré tout au principe de réalité. « Les procédures administratives restent très lourdes avant d’obtenir les autorisations et les banques demeurent très frileuses pour investir, car elles ont été échaudées par le manque de rentabilité des premières installations de méthanisation qui n’étaient pas raccordées au réseau », explique Cédric de Saint-Jouan, le président de Vol-V, un des principaux intervenant sur le secteur, qui préside par France biométhane, qui regroupe les professionnels de la filière.

Pour être plus rentable, il faut monter de gros projets mais qui sont plus complexe à monter. Et donc plus risqué, ce qui pèse sur l’équation économique des opérations. « Il faudrait prolonger de cinq ans la durée du tarif de rachat et la porter à vingt ans », plaide le patron de Vol-V.

Le développement de grosses installations, gérées par des collectivités ou des groupements d’agriculteurs, est aussi le seul moyen de baisser les coûts et de faire émerger une filière industrielle française, alors qu’une bonne partie du matériel est pour l’instant originaire d’Allemagne. Mais dans le système actuel, plus les sites ont une taille importante, moins le tarif de rachat est élevé.

Jean-Claude Bourbon

Source : http://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Environnement/Le-biogaz-commence-a-decoller-241-nouveaux-projets-dinjection-sont-recenses-2017-02-22-1200826757

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