Cette expérimentation sera menée avec la Citram Aquitaine (filiale de Transdev) et GRDF. « L’avantage du GNV, explique à 20 Minutes Jean-Luc Gleyze, président du conseil départemental, est que ses émissions d’oxyde d’azote (NOx) sont 50 % inférieures au diesel, et les émissions de particules fines 95 % inférieures. Par ailleurs il coûte 30 % moins cher. » L’autonomie en revanche est moindre, mais le véhicule pourra tout de même parcourir 500 km.

Un test sur un car roulant au bioéthanol

Le conseil départemental ne s’arrêtera pas là. « En juin, nous allons expérimenter un car au bioéthanol à base de résidus vinique fabriqués par la société Raisinor basée à Coutras » L’ED95, un carburant composé à plus de 90 % d’éthanol et utilisable par les poids lourds et les bus, peut en effet depuis peu être vendu en France en substitut au diesel. Les véhicules doivent toutefois posséder un moteur particulier, et son usage, très encadré, devrait rester limité dans un premier temps.

Sur le parc de bus de Bordeaux Métropole, il n’y a pas encore de bioéthanol. « Nous avons écarté cette hypothèse car c’est une motorisation difficilement compatible avec un mode de transport urbain, dans lequel les véhicules s’arrêtent et redémarrent souvent » explique à 20Minutes Christophe Duprat, vice-président en charge des transports.

71 % du parc de bus de Bordeaux Métropole roule au GNV

En revanche, la métropole est à la pointe concernant le GNV, puisque c’est la grande agglomération de France qui possède le plus fort taux d’équipement en la matière, avec 71 % du parc équipé, soit 279 bus sur une flotte de 392.

« Nous avions commencé dès 2008 par l’expérimentation de trois véhicules » rappelle Christophe Duprat, « à une époque où il n’y avait pas encore le tram à Bordeaux et où le parc de bus était de 550 véhicules. »

Depuis, la part du GNV n’a cessé d’augmenter, et les bus diesel, qui représentent encore 20 % du parc, sont au fur et à mesure remplacés par du GNV. « Le gaz, c’est la solution optimum en terme de rejet de particules fines, puisqu’il n’y en a pratiquement aucun » souligne l’élu. En revanche, la consommation est plus importante que le diesel, et la maintenance des véhicules plus importante.

Vers de l’hybride électrique/GNV ?

C’est pourquoi Bordeaux Métropole expérimente d’autres pistes. L’année 2013 a ainsi été marquée par l’introduction de 30 bus hybrides gasoil/électricité. « Mais nous n’en sommes pas pleinement satisfaits, puisque l’on nous avait vendu cette motorisation comme 25 % plus économe que le diesel, or, nous constatons que c’est plutôt de l’ordre de 15 %. »

Il reste donc l’électrique comme autre solution possible. A ce jour, seuls cinq bus du parc en sont équipés. « Le problème, c’est l’autonomie, qui n’est que de 250 km maximum. Sur une navette de centre-ville ça va, mais sur une ligne péri-urbaine c’est une autre histoire. »

Par ailleurs, les constructeurs planchent actuellement sur des motorisations hybrides GNV/électrique. « Cela nous intéresse particulièrement ; nous avons d’ailleurs mis cette possibilité dans le cahier des charges du futur BHNS (Bus à haut niveau de service) Bordeaux-Saint-Aubin-de-Médoc pour 2018. »

Mickaël Bosredon