Les transports publics s’invitent dans le débat présidentiel

La-Croix.com La-Croix.com - il y a 4 mois

Illustration : Un TER en gare de Bailleul (Nord). Près de 20 millions de Français se déplacent chaque jour en transport public urbain et ferroviaire. / Philippe Huguen/AFP

Six fédérations d’élus, d’opérateurs ou d’usagers ont adressé 70 propositions aux candidats à l’Élysée pour que l’importance de la mobilité soit au cœur des débats.

« Rendez-vous compte : les billets de cinéma sont moins taxés que les titres de transport ! », s’indigne Christian Bourcaret, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Aquitaine.

Selon ce dernier, c’est l’une des preuves que le transport public n’est pas traité par les pouvoirs publics à la hauteur des enjeux de la mobilité – en tout cas au niveau national. « La TVA sur les transports est désormais de 10 % dit Christian Bourcaret. On ne reconnaît donc pas le caractère de première nécessité des déplacements quotidiens des Français ».

Le retour au taux de 5,5 % – celui des produits de première nécessité – est l’une des six propositions prioritaires faites aux candidats à la présidence de la République à l’issue d’une consultation nationale : les « États généraux de la mobilité durable », organisés depuis une dizaine de mois à travers la France.

La démarche a associé six fédérations représentant les régions de France, les usagers (la Fnaut), les autorités organisatrices de transports (le Gart) ou encore les opérateurs (l’UTP).

20 millions de Français concernés

« C’est la première fois que cette démarche réunit autant d’acteurs divers, analyse Claude Faucher, délégué général de l’Union des transports publics (UTP) qui regroupe les principaux opérateurs. Plus qu’hier, la mobilité est en effet au cœur de la vie de nos concitoyens. Elle est indispensable pour l’exercice de leur droit au travail, à la culture ou à la santé. ».

Le responsable regrette aussi que ces questions ne soient pas vraiment débattues dans le cadre des élections présidentielles alors qu’elles « sont essentielles pour le développement économique du pays et l’aménagement du territoire. »

Le retour d’une TVA à 5,5 % serait une reconnaissance de l’importance de la mobilité pour les 20 millions de Français qui se déplacent, chaque jour, en transport public urbain et ferroviaire.

Selon l’UTP, le différentiel entre les deux taux de TVA représente 300 millions d’euros qui profiteraient soient au consommateur si le prix des titres de transport baissait, soit aux autorités organisatrices dont la plupart n’ont pas répercuté les hausses successives de la taxe.

70 propositions pour les candidats à la présidentielle

Une autre proposition pourrait faire réagir les organisations syndicales : la remise à plat des modalités de grève dans les transports. « Ce droit est constitutionnel, prévient Claude Faucher. Mais comme pour tout service de première nécessité, il faut organiser un vrai service minimum pour les heures de pointe et revoir le processus du « droit de retrait » des agents. »

Selon l’UTP, les voyageurs ne peuvent pas comprendre, par exemple, que tous les conducteurs sur toute une région arrêtent leur travail parce que l’un d’entre eux a été agressé au terminus d’une ligne.

Les États généraux demandent aussi aux candidats à l’Élysée de permettre aux régions volontaires d’expérimenter l’ouverture à la concurrence des trains régionaux (TER). En tout, ce sont donc 70 propositions que les candidats vont recevoir pour que les questions des transports ne fassent pas du surplace.

Michel Waintrop

Source : http://www.la-croix.com/Economie/France/Les-transports-publics-sinvitent-dans-debat-presidentiel-2017-03-08-1200830285

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