Quimper. Le biogaz se développe à échelle industrielle

Ouest France.fr Ouest France.fr - il y a 4 mois

Illustration : L’unité de méthanisation est inaugurée ce vendredi, zone d’activité du Guelen à Quimper. | Pascal Leopold

Une unité qui transforme les déchets agricoles et agroalimentaires en énergie : c’est le concept du méthaniseur qui est inauguré ce vendredi à Quimper (Finistère). L’un des plus grands dans l’Ouest.

Le biométhane, c'est quoi ?

De méthanisation. Il s’agit d’un processus de fermentation qui permet de produire de l’énergie à partir de déchets comme le lisier, les boues d’épuration, les ordures ménagères. La matière organique se putréfie et produit du biogaz, composé de CO2, de méthane et d’impuretés comme le souffre. Le biogaz peut être utilisé dans les moteurs ou produire électricité et chaleur. Mais il peut aussi être filtré et devenir du biométhane. Mélangé au gaz naturel, il est distribué dans le réseau GrDF.

Où en est le développement de cette énergie sur le territoire ?

0,3 tera watt heure de biogaz est produit à l’échelle nationale. L’objectif fixé par le gouvernement est de 30 tera watt heures. Autant dire qu’on n’y est pas du tout. Le développement de cette technologie est lent. Pourtant, elle est soutenue par le gouvernement : il a fixé le tarif du biogaz en 2011, la loi de Transition énergétique donne un objectif de 10 % d’énergie en biométhane d’ici 2030, l’Ademe subventionne ce type d’installation…

Quel est l'intérêt pour les agriculteurs ?

Ils économisent l'engrais en valorisant leurs déchets. Nous redistribuerons chaque année 300 000 tonnes de digestat, la matière qui sort du méthaniseur. Cet engrais est qualitatif, il végétalise la terre. 

Et pour les collectivités ?

Les collectivités soutiennent aussi cette énergie pour répondre à la problématique de pollution de l’air dans les villes avec l’utilisation du biogaz plutôt que le diesel dans les véhicules. C’est aussi une manière de garantir l’indépendance énergétique de la France : actuellement, le gaz naturel consommé vient essentiellement de l’étranger.

Comment les distributeurs de gaz accueillent-ils cette nouvelle énergie ?

Ils ont bien compris que l'utilisation de biogaz pour la mobilité permettait de rehausser la consommation de gaz en France, qui baisse d'année en année.

Vous avez d'autres soutiens, plus innatendus ?

Oui, la grande distribution comme Ikea, Auchan, Carrefour ou LVMH qui imposent à leurs sous-traitants l'utilisation du biogaz dans les transports. Ils ont pris des engagements et ont des rapports annuels de developpement durable.

Quels sont les freins au développement de cette énergie en France ?

Le système est très complexe pour obtenir des autorisations pour installer des unités : plan d'épandage soumis à enquête publique, autorisations environnementale préparée durant 3 ans...

C'est un secteur au croisement de trois domaines qui sont très techniques et règlementés : l'énergie, l'agriculture et le déchet. Les banques sont rétissantes pour ces projets.

La France n'autorise pas les cultures énergétiques (les cultures uniquement destinées à la production d'énergie, NDLR) comme l'Allemagne ou l'Italie. Donc c'est une méthanisation à la française : on mélange plusieurs matières - céréales, boues, produits maraîchers... - et on obtient des réactions qu'on ne maîtrise pas bien. C'est plus compliqué à gérer et demande un véritable savoir-faire.

Peut-il y avoir un conflit d'usage entre la culture alimentaire et la culture pour l'énergie ?

Je ne suis pas forcément pour la culture énergétique. On ne peut pas baser un projet dessus. Déjà, utilisons le potentiel disponible et pas forcément utilisé avant d'aller bouleverser les équilibres.

Flora Chauveau

Source : http://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/quimper-le-biogaz-se-developpe-echelle-industrielle-4843702

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