La SNCF crée des lignes de covoiturage

Les Echos Les Echos - il y a 3 mois

Illustration : Afin de rapprocher les candidats au covoiturage entre Lyon et Bourgoin-Jallieu, iDvroom a lancé une application dédiée. - ID Vroom

Entre Lyon et Bourgoin-Jallieu, l'entreprise publique a organisé l'usage du covoiturage comme un transport en commun.

Face à BlaBlaCar, pas facile de percer sur le marché du covoiturage, même lorsqu'on s'appelle SNCF. Le groupe public s'est lancé sur ce marché en 2013 en rachetant une petite société, rebaptisée « iDvroom », fidèle à sa stratégie qui consiste à proposer à ses clients un panel de services de mobilité, et plus seulement le train.

Si, en théorie, iDvroom propose tous les trajets, dans la pratique, elle délaisse le créneau longue distance : l'avance qu'y a acquise BlaBlaCar semble irrattrapable, et l'idée de concurrencer frontalement le TGV passe très mal en interne. La société se concentre donc, comme plusieurs autres concurrents (Karos, WayzUp...), sur le covoiturage du quotidien, constitué essentiellement par des trajets domicile-travail, sur des distances entre 10 et 100 kilomètres. Mais la difficulté reste d'atteindre la masse critique d'utilisateurs, qui permet à toute personne se connectant sur l'application de trouver au moins une proposition correspondant à son souhait. Pour faciliter ce rapprochement de l'offre et de la demande, la SNCF teste une solution qui semble promise à un bel avenir : créer des lignes régulières de covoiturage, qui fonctionnent comme des lignes de bus. 

Huit points de rendez-vous
La première du genre a été lancée en novembre dernier en Rhône-Alpes, entre Lyon et Bourgoin-Jallieu, une liaison autoroutière très fréquentée où les embouteillages sont monnaie courante en matinée et en soirée. Afin de rapprocher les candidats au covoiturage, iDvroom a lancé une application dédiée à ce tronçon, Pop & Vroom,

Par ailleurs, huit points de rendez-vous préétablis ont été définis : un à Bourgoin, deux à Lyon et les cinq autres sur des parkings au fil du parcours. Cette organisation renforce la lisibilité des offres déposées par les conducteurs. Les passagers potentiels peuvent donc suivre en temps réel les trajets offerts, répondre en ligne et se retrouver au lieu et à l'heure convenus.

Et pour surmonter l'un des principaux freins au covoiturage domicile-travail (la crainte de ne pas trouver de véhicule le soir), iDvroom garantit un retour par taxi ou VTC, au départ et à l'arrivée d'un des huit points de rencontre prédéfinis, offrant ainsi la fiabilité d'une ligne de transport en commun.

Sur le papier, cette ligne régulière de covoiturage est en concurrence directe avec la ligne du TER qui relie ces deux villes. « Mais en réalité, 80 % des flux entre les deux villes se font en voiture, explique Frédérique Ville, la directrice générale d'iDvroom. Les utilisateurs de Pop & Vroom ne sont pas des clients pris au train, mais des automobilistes qui ont renoncé à l'"autosolisme". » Et le TER peut également servir de solution alternative, à l'aller comme au retour. Un premier bilan devrait être fait début avril. Mais un projet similaire est d'ores et déjà prévu sur le trajet Rennes-Nantes. Et d'autres pourraient suivre, en fonction de l'intérêt que pourront manifester les élus locaux.

Lionel Steinmann

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0211881916194-la-sncf-cree-des-lignes-de-covoiturage-2072751.php

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