Autour de Rouen, le covoiturage trouve sa place petit à petit

Tendance Ouest Tendance Ouest - il y a 3 mois

Illustration : Le fait que Rouen n'a pas d'aire de covoiturage n'empêche pas Nicolas de récupérer ses passagers au Théâtre des Arts ou aux abords du Kindarena. - Aurélien Delavaud

Pour des raisons écologiques, financières ou conviviales, les Normands sont nombreux chaque jour à partager leurs voitures avec de parfaits inconnus. Dans les environs de Rouen (Seine-Maritime), le covoiturage a pris une place importante dans le paysage et de nombreux projets sont encore dans les tuyaux pour l'année 2017.

Il est près de 16h, il fait beau pour un mois de mars et Clara patiente tranquillement sur le parking du pont Guillaume le Conquérant, à Rouen (Seine-Maritime). Elle n'attend pas après des amis ou de la famille mais bien deux personnes qu'elle n'a encore jamais rencontrées pour faire avec elles un trajet en voiture jusqu'en région parisienne. "Je le fais presque tous les week-ends, confie la jeune étudiante. Ça fait un petit plus financier et puis ça peut aider des gens car il y a moins de contraintes qu'en allant d'une gare à l'autre."

Comme Clara, les Normands sont nombreux chaque jour à pratiquer le covoiturage, que ce soit pour leurs trajets quotidiens ou pour de plus longs voyages. À titre d'exemple, le site spécialisé Blablacar enregistre chaque mois environ 15 000 propositions de covoiturages au départ de Rouen et à peu près autant à destination de la ville aux cent clochers. Sans compter ses concurrents comme Carjob, Covoiturage76, Carstops et même des groupes sur Facebook.[1]

S'adapter à la demande

Le covoiturage reste un phénomène assez récent qui a nécessité des aménagements sur le bord des routes. Fini, donc, le parking sauvage au niveau des bretelles d'autoroutes. À la place, des aires réservées aux covoitureurs ont fleuri tout le long de l'A13. Une aubaine pour les Rouennais qui sont nombreux à aller travailler en direction de Paris mais aussi vers Caen et Le Havre.

"En Seine-Maritime, nous avons un schéma départemental depuis 2011. Mais avec le passage de la loi Notre, nous partageons la compétence sur les aires de covoiturage", décrit Alain Bazille, le vice-président en charge des transports, dont le département a déjà participé à la création de 20 aires pour "un taux d'occupation d'environ 80 %".

Dans l'Eure, qui accueille un grand tronçon de l'A13 entre la région parisienne et le littoral, le son de cloche est sensiblement le même. Au début de l'année 2017, le Département a inauguré sa huitième aire, ce qui porte sa capacité totale à 392 places.

Des liens forts avec l'A13

Sur ces deux départements, l'autoroute est le fil conducteur des implantations d'aires de covoiturage. Celles-ci sont souvent positionnées dans des zones stratégiques de grand passage, comme des échangeurs ou au niveau des sorties vers des grands bassins de vie. Par exemple, l'aire de Criquebeuf-sur-Seine (Eure) est souvent pleine car elle se situe sur la route entre Elbeuf (Seine-Maritime) et l'A13.

Une logique qui est également respectée dans les trois nouveaux projets eurois pour l'année 2017. En Seine-Maritime, ce nombre monte à cinq pour la période 2017-2018: "Il y aura trois nouvelles aires à Barentin, à Bermonville et au Château de Martainville et des extensions sur celles qui existent déjà au Moulin d'Ecalles et à Eslettes", détaille Alain Bazille.

Souvent, ce sont les mairies qui sont à l'initiative de ces projets, mais il arrive que l'idée leur soit soufflée par Blablacar. "Quand on voit qu'il y a beaucoup de covoitureurs dans une ville, on les contacte pour leur demander s'ils ont un site sécurisé pour les accueillir", confie Pauline Even, une des responsables de la communication du site.

L'exception du centre-ville

À Rouen, les départs sont nombreux depuis la gare, le Mont-Riboudet et le centre commercial Saint-Sever. Si aucun projet d'aire en centre-ville n'est en cours, c'est peut-être parce que les usagers n'en ressentent pas le besoin. "Ce n'est pas gênant car il y a plein d'endroits pratiques pour se retrouver, comme près du Théâtre des Arts ou au niveau des Docks 76", précise Nicolas, un Havrais exilé à Déville-lès-Rouen et habitué au covoiturage. "Il suffit de respecter le point de rendez-vous fixé par le chauffeur et se débrouiller pour y aller", ajoute Clara.

Une telle aire pourrait donc ne jamais voir le jour au coeur de la métropole rouennaise, car les pouvoirs publics s'appuient sur les témoignages et les demandes des usagers pour orienter leur politique. Mais pour le covoiturage comme pour le reste, il ne faut jamais dire jamais.

Aurélien Delavaud

Source : http://www.tendanceouest.com/actualite-218675-notre-dossier-autour-de-rouen-covoiturage-trouve-petit-a-petit-sa-place.html

Partager

Laisser un commentaire :