« Possibilité de s’arrêter à la demande entre deux arrêts »

Selon nos informations, le Stif votera ce mercredi, lors de son conseil d’administration, une nouvelle expérimentation pour les bus de nuit, en lien avec l’Etat et les opérateurs. « Il s’agit d’avoir la possibilité de s’arrêter à la demande entre deux arrêts de bus, afin de renforcer la sécurité des femmes dans les transports. Elles pourront ainsi s’arrêter au plus près de leur domicile », indique-t-on à la région.

Si elle est concluante, cette expérimentation - promesse de campagne de Valérie Pécresse lors des régionales de 2010 et 2015 - pourrait être étendue à tout le réseau Noctilien.

Nantes en exemple

Toutefois, certaines modalités doivent encore être étudiées. Notamment sur la situation du conducteur qui est entièrement « responsable » lorsqu’une personne quitte son véhicule entre deux arrêts, tout comme la question de comment une femme va signifier sa volonté de descendre. Récemment, la ville de Nantes a pérennisé ce système d’arrêt à la demande pour tous les usagers.

Après six mois de test concluant - dans le cadre du plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun - Nantes propose depuis l’an dernier à tous les voyageurs - homme ou femme - de descendre entre deux arrêts. Et ce, à partir de 22h30, en le demandant de vive voix. Le but : éviter un trop long trajet à pied dans « des espaces peu sécurisants » la nuit, indiquait alors la Semitan, qui exploite le réseau de transports en commun dans l’agglomération nantaise.

« Il n’y a pas foule, mais on ne s’attendait pas à une foule. C’est un service en plus qu’on offre à la clientèle, une clarification d’une pratique qu’effectuaient déjà nos conducteurs sans cadre réglementaire. Si cela rend service à 50 personnes, sans impact sur l’exploitation du réseau, je ne vois pas pourquoi on s’en priverait », avait commenté auprès de l’AFP, Alain Boeswillwald, le directeur général de la Semitan. Ce mardi, l’entreprise précise à 20 Minutes, ne constater « aucun abus » depuis un an. En attendant sa mise en place en Ile-de-France, ce système - qui existe aussi à Montréal - est d’ores et déjà salué à Paris.

« C’est une très bonne initiative »

« C’est une très bonne initiative. D’une part, car les derniers transports (métro, RER, bus) font encore trop peur pour une femme. Et d’autre part, cela limite le temps de marche dans la rue, la nuit. Des moments qui restent anxiogènes et peu sécurisants », commente pour 20 Minutes, Alma Guirao. Cette Parisienne d’une trentaine d’années a créé il y a quelques mois HandsAway. Cette appli permet aux femmes d’alerter, de témoigner et d’échanger autour des agressions sexistes, de la remarque ou l’insulte à l’agression sexuelle en passant par un regard trop insistant.

Enfin pour elle, cette mesure de la région qui sera complétée par une grande campagne du Stif dans les mois à venir sur la lutte contre le harcèlement des femmes dans les transports, ne fait pas tout. « Que se passe-t-il après la descente ? Nous devons aussi réfléchir à des solutions d’actions pour le chemin jusqu’au domicile », affirme celle qui ne prend plus le Noctilien.

Romain Lescurieux avec Camille Anger