Le modèle Ouibus de la SNCF fait des vagues

Bref Eco Bref Eco - il y a 9 mois

Illustration : Le mouvement du 21 mars à la gare de Lyon Perrache. JFB

Alors qu'un important contrat de franchise vient juste d'être signé entre Autocars Faure et Ouibus (SNCF) concernant les liaisons routières entre 18 villes d'Auvergne-Rhône-Alpes et l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry, ce modèle n'est pas du goût des salariés de Ouibus qui contestent les économies réalisées par la maison mère à leurs détriments.

Après un premier mouvement de contestation observé le 21 mars à la gare routière de Lyon Perrache, d'autres pourraient suivre. Avec plus de 6 millions de passagers transportés en 2016, les « cars Macron » (!) ont incontestablement trouvé leur clientèle. Mais cette fréquentation record est loin d'être une réussite économique pour tout le monde. Après le naufrage de Megabus, qui avait signé, dans la région, un accord avec Autocars Maisonneuve, les autres intervenants sur les routes françaises, Flixbus (filiale d'un groupe allemand), Isilines (groupe Transdev) et Starshipper ont tous enregistré des pertes.

Ouibus vise l'équilibre en 2019

Et Ouibus est sans doute la compagnie qui s'est le plus enfoncée dans le rouge. On parle de plusieurs dizaines de millions d'euros de pertes cumulés. Or, Roland de Barbentane, son Pdg, a réitéré, ce 14 mars, à Lyon-Saint Exupéry son objectif d'arriver à l'équilibre en 2019. Ce sont les moyens pris pour y parvenir qui sont aujourd'hui contestés par les salariés et leurs représentants syndicaux. « Avec ce principe de franchise, il est question de transférer le personnel vers les sociétés exploitantes », analyse Rémy Haddad, délégué syndical CGT de Ouibus à Lille.

D'après le comité d'entreprise, ce transfert pourrait avoir lieu le 5 juin prochain. « Avec, à la clé, une dégradation des statuts et des baisses de salaires conséquentes, de plusieurs centaines d'euros par mois », selon Rémy Haddad. 22 des 24 conducteurs ont participé au mouvement de rétention de deux autocars en gare de Lyon Perrache. Des mouvements similaires pourraient être organisés à Lille et Paris prochainement.

Le modèle Macron remis en cause ?

Toujours selon des sources syndicales, au niveau national, Ouibus exploiterait 20 % de son activité en propre, 50 % en sous-traitance et 30 % en franchise. Au-delà de ce conflit naissant, se pose aussi la question de la libre concurrence. Si Flixbus ne doit son salut qu'à ses seuls actionnaires allemands, Isilines et Ouibus sont des sociétés possédées, tout ou partie, par des capitaux publics.

Dès lors, se posent les questions de distorsions de concurrence qui pourraient fort bien être opposées par Flixbus, le seul opérateur privé roulant sur les routes françaises.

Jean-François Bélanger

Source : http://www.brefeco.com/actualite/logistique-transport/le-modele-ouibus-de-la-sncf-fait-des-vagues

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