BlaBlaCar lance BlaBlaLines, une appli de covoiturage pour les trajets quotidiens

L'Obs L'Obs - il y a 2 mois

Les bus et les RER ont un nouveau concurrent : les BlaBlaLines veulent ouvrir le covoiturage à nos trajets quotidiens. Avec une première phase d'expérimentation.

Frédéric Mazzella et son équipe ont-ils enfin trouvé la solution qui permettra à 13,5 millions de Français de laisser leur voiture au garage durant leur semaine de travail ? "BlaBlaCar proposera désormais ses services pour des trajets allant de 15 kilomètres à 1.000 kilomètres", a annoncé le fondateur de la start-up qui a révolutionné le covoiturage, et se pose en leader mondial du secteur. Ses chercheurs du "Lab" disent avoir enfin résolu le problème des déplacements quotidiens. Cela faisait dix ans que l’entreprise planchait sur la question.

A son lancement, BlaBlaCar était d’ailleurs une plateforme destinée à ces trajets, du domicile au lieu de travail. Environ 200 entreprises avaient alors adopté le système, mais il n’avait jamais décollé : le logiciel n’était pas adapté à ce besoin et seuls 3% des covoiturages actuels concernent ce type de déplacements. Mais à partir de ce mardi 2 mai, une nouvelle application  baptisée BlaBlaLines débarque – uniquement pour smartphones Android, la version Apple verra le jour en septembre.

Plus simple et plus rapide

Le principe est simple : l'application mobile utilise les données dont elle dispose pour déterminer quels trajets sont fréquentés tous les jours par suffisamment de conducteurs afin de créer une "ligne". Un passager pourra faire l’aller-retour quotidien vers son lieu de travail  en étant sûr de trouver des conducteurs à tout moment, dans les deux sens. Contrairement à BlaBlaCar, où la convivialité est centrale, et qui nécessite une discussion entre chauffeur et passagers pour trouver un horaire puis un lieu de rendez-vous, sur BlaBlaLines, tout est automatisé par l’algorithme afin de simplifier la démarche et de gagner du temps.

Il suffit au conducteur d’indiquer son trajet normal et ses horaires, et au passager sa destination et ses horaires, et le "match" se fait automatiquement entre eux : pas besoin de choisir sa voiture ou son passager, un simple accord suffit. Pas de temps perdu en recherche de profils adaptés. Autre innovation : c’est aussi l’application qui choisit à votre place le lieu de rencontre, en fonction de ses paramètres : c’est forcément un lieu connecté à un transport en commun, pas loin de votre domicile ou de votre travail, et qui évite tout détour à l’automobiliste.

En théorie, tous les écueils qui ont fait échouer le covoiturage quotidien sont éliminés. Pour le conducteur : pas de détour, pas de temps perdu et normalement un seul passager à prendre, au lieu des trois ou quatre sur les longs trajets. Pour le passager, l’assurance qu’il peut revenir chez lui quand il le veut puisque seules des lignes à trafic constant toute la journée seront ouvertes par BlaBlaCar.

5 euros par trajet

"Selon nos calculs, le coût annuel de déplacement pour un automobiliste entre son domicile et son travail s’élève à 5.000 euros par an. Si nous lui permettons d’empocher 5 euros par trajet, il récupérera 2.500 euros par an, sans être gêné", fait valoir Frédéric Mazzella.

Le test va démarrer sur deux trajets très fréquentés : Reims - Châlons-en-Champagne (6.000 navetteurs quotidiens) et Toulouse - Montauban (10.000 navetteurs par jour). Si vous habitez sur ces deux trajets, il vous suffit de télécharger l’application. Le prix est fixé pour le moment à 5 euros par trajet, à payer directement en cash au conducteur, après le trajet. Un prix rond, fixé au hasard, pour éviter le rendu de monnaie. Le test déterminera si cela fonctionne, où s’il faut trouver un autre modèle, avec des paiements par mobile de type Paypal ou Lydia. Pour le moment, BlaBlaCar ne prend aucune commission.

Il s’agit d’abord de déterminer si le marché existe, car malgré tout, ce service occasionne quelques gênes pour ses utilisateurs : le passager devra marcher un peu, le conducteur devra forcément attendre quelques minutes, et légèrement dévier sa route pour s’arrêter – voire se garer cinq à dix minutes maximum, si le passager est en retard. Quand les lignes s’ouvriront en banlieue parisienne, les arrêts risquent d’être difficiles avec le trafic ! Il s’agit donc vraiment d’un test, et c’est aussi pour cela que BlaBla ne prend pas de commission. La start-up avait fait la même chose pour le lancement de son service initial, avant de commencer à prélever sa commission une fois que l’usage s’était généralisé.

Dans tous les cas, c’est une excellente nouvelle : pour la société qui ajoute une corde à son arc et la développera dans le monde entier si c’est un succès, pour les passagers qui pourront s'épargner le bus ou laisser leur propre voiture au garage, pour les conducteurs qui feront des économies, et pour la planète en général, qui aura peut-être un peu moins de CO2 et de NOx à absorber.

Claude Soula

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20170502.OBS8800/blablacar-lance-blablalines-une-appli-de-covoiturage-pour-les-trajets-quotidiens.html

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