Les compagnies d'assurance restent inflexibles

Bus & Car Bus & Car - il y a 2 mois

Une interview d'Ingrid Mareschal, secrétaire général de la FNTV. Retrouvez notre enquête "Assurances bus et cars" dans notre magazine Tourisme de groupe n°64, daté mai 2017.

Quel regard portez-vous vous sur les relations entre vos adhérents et leurs assureurs ?

Notre métier n’intéresse pas ou très peu l’assurance puisque nous avons de moins en moins d’interlocuteurs en face de nous. Ce qui est surtout frappant, c’est d’observer l’ignorance des spécificités de notre activité. Pour un assureur, il n‘y a aucune différence entre exploiter un autocar et faire circuler un bus. En définitive, comme l’an dernier et l’année précédente, les primes de nos adhérents augmentent. Ils ont beau mettre en avant leurs efforts en matière de sécurité, l’assurance reste inflexible.  

Quels sont les facteurs qui expliquent cette hausse ?

En fait, il s’agit surtout d’un élément aléatoire : elle est liée aux provisions pour les très gros sinistres qui doit être reconstituée après la tragédie de Puisseguin. Son montant est aujourd’hui très important et impacte lourdement les primes à verser.

Quelles sont les mesures que vous envisagez pour infléchir cette tendance ?

Nous avons d’abord envisagé un recours ou la saisie du Conseil de la concurrence pour dénoncer le duopole exercé par Axa et AIG. Il nous a semblé préférable de nous rapprocher de la FFSA pour lui expliquer qui nous sommes, ce que nous faisons, pourquoi et comment nous le faisons bien, et surtout, ce qui nous distingue des bus. Nous publierons bientôt une plaquette distribuée à nos adhérents reprenant tous ces arguments avec des chiffres précis à faire valoir auprès de leurs assureurs.

Cette situation est-elle une exception française ou se retrouve-t-elle chez nos voisins européens ?

Il me semble que la concurrence est un peu plus développée dans d’autres pays d’Europe, mais pas tant que cela. Là-aussi, les compagnies d’assurance ne se bousculent pas vraiment sur ce marché.

Justement, l’arrivée des Bus Macron sur le marché a-t-elle ou peut-elle modifier ce déséquilibre en faveur des exploitants d’autocars ?

D’abord, la croissance des lignes en longue distance est réelle : leur fréquentation augmente, avec plus de sept millions de passagers transportés aujourd’hui. Ce qui a permis de créer plus de 2 000 emplois. Le démarrage a été fort même si la vitesse semble se stabiliser actuellement.  Cela dit, seuls trois grands acteurs, OuiBus, Isiines et FlixBus ont émergé. Mais cela n’a eu aucun impact sur les primes ou le contenu des contrats d’assurances. Mais sans doute est-il trop tôt pour tirer un premier bilan sur cette problématique. Tout comme pour conclure que les assureurs accordent de meilleures conditions tarifaires à ces trois entreprises.

Les attentats de ces deux dernières années et leurs conséquences ont-ils impacté les primes payées par vos adhérents ?

La tragédie de Nice s’est faite immédiatement et fortement ressentir. Mais son impact a heureusement été de courte durée sur l’activité de nos adhérents. Les conséquences ont également été très localisées sur la région niçoise. Du coup, leurs assurances "pertes d’exploitation" n’ont pas beaucoup été activées. Aujourd’hui, même à Paris, le tourisme repart. Les derniers chiffres publiés semblent de bonne augure pour la prochaine saison touristique. Les entreprises employant des chauffeurs et des cars sont elles aussi impliquées dans la lutte contre le terrorisme et la déradicalisation, avec l’obligation de signaler aux autorités les salariés suspects.

Propos recueillis par Vincent Bussière

Source : http://www.tourismedegroupe.busetcar.com/actualites/detail/99345/les-compagnies-d-assurance-restent-inflexibles.html

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